Ce soir, en ouverture de notre cycle consacré à Dostoïevski, parcourons quelques pages de ce polar existentiel où un jeune étudiant sans le sou est poussé au crime par dégoût de lui-même et dégoût de la nature humaine.

Mon cher monsieur, commença Marméladov d’une voix quasi-solennelle, pauvreté n’est pas vice, c’est là une vérité. Je sais aussi qu’ivrognerie n’est pas vertu, et ça, ô combien plus. Mais la misère, mon cher monsieur, la misère – ça c’est un vice. Dans la pauvreté, vous conservez encore la noblesse de vos sentiments innés, mais, dans la misère, jamais, personne. Dans la misère, on vous chasse, ce n’est même pas un coup de bâton, c’est, zou, d’un coup de balai, loin de la compagnie des hommes…          
 

Ce regard lucide est celui d’un ex-fonctionnaire réduit à la mendicité dans la Russie de la moitié du XIXe siècle : il s’agit de Marméladov, un personnage secondaire, mais capital, de l’un des plus célèbres romans de Dostoïevski : Crime et Châtiment .

Extraits de la traduction d’André Markowicz , dans la collection Babel, édition Actes Sud, 1996.

Avec la voix d'André Markowicz (Archives Ina)

Programmation musicale :

  • Geneviève Charest - Criminal Mind
  • David Bowie - Lazarus

__

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.