Pour clore notre cycle consacré à Maupassant, Guillaume Gallienne nous invite à suivre le fil des obsessions de l'écrivain, maître de la littérature fantastique, obsessions qui le mèneront jusqu’à l’un de ses derniers chefs d’œuvre, Le Horla …

Il arrive un jour, voyez-vous, et il arrive de bonne heure pour beaucoup, où c’est fini de rire, comme on dit, parce que derrière tout ce qu’on regarde, c’est la mort qu’on aperçoit. Oh ! vous ne comprenez même pas ce mot-là, vous, la mort. À votre âge, ça ne signifie rien. Au mien, il est terrible.          
 

Norbert de Varenne parlait d’une voix claire, mais retenue. Il semblait surexcité et triste, d’une de ces tristesses qui tombent parfois sur les âmes et les rendent vibrantes comme la terre sous la gelée.

-Oui, reprit-il, la mort, on la comprend tout d’un coup, on ne sait pas pourquoi ni à propos de quoi, et alors tout change d’aspect, dans la vie (…) Respirer, dormir, boire, manger, travailler, rêver, tout ce que nous faisons, c’est mourir. Vivre enfin, c’est mourir.

Cet adieu vibrant à la vie est celui d’un vieux poète, personnage secondaire du célèbre roman de Maupassant, Bel-Ami , que nous avons lu dans une autre émission.

Hanté par une angoisse existentielle qui le mènera, à l’âge de quarante ans, à la folie, l’écrivain donne libre court à ses vieux démons : la solitude, la peur irrationnelle, l’inconnu, le dédoublement de soi, la paranoïa… 

À l’époque de la naissance de la psychanalyse, l’auteur se passionne pour ces concepts qu’il manie à merveille, et qui feront de lui l’un des maîtres de la littérature fantastique.

Extraits des Contes fantastiques , collection La Pléiade, Gallimard (Tomes I et II, 1974, 1979) :

  • Terreur (1876), poème de jeunesse
  • Sur l'eau (1876)
  • La Petite Roque (1886)
  • Misère humaine (1886)
  • Lui (1883)
  • Le Horla (1887)

La musique 

  • David Bowie - I'm deranged
  • Maxime Le Forestier - Qui c'est l'type en noir ?
Les références
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