Il n'avait pas de nom, sa robe était blanche et il devait être Rossinante auprès d'un merveilleux Don Quichotte interprété par Jean Rochefort.

Vous l'avez peut-être vu dans Un jour, un destin, rediffusé en début de semaine à l'occasion de la disparition du comédien.

Rossinante, ainsi l'avait nomé Cervantès dans son roman

Rossinante, pour signifier que la monture de Don Quichotte (cet idéaliste) n'avait été auparavant qu'une simple rosse, une rosse destinée à devenir la 1ère de toutes les rosses du monde puisque notre chevalier serait le 1er de tous les chevaliers du monde.

Le film ne s'est pas fait car Jean Rochefort était malade. Le tournage n'aura duré que quelques jours.

Rossinante, enfin, ce cheval blanc qui n'avait pas de nom, est mort le lendemain du départ de Rochefort. Mort d'épuisement, de faim.

40 jours sans manger

40 jours à maigrir, jusqu'à n'être plus qu'une ombre. On pouvait lui compter les côtes. Regardez le tableau qu'Honoré Daumier a peint. Parfaite représentation d'un étalon déchaîné. Tel que le voulait Cervantès.

Dans un livre ou sur la toile, personne ne souffre. Ou plutôt si : l'esprit, l'imagination. Mais ce n'est pas pour de vrai.

L'Homme qui tua Don Quichotte

Le réalisateur Terry Gilliam, suffisamment dingue et narcissique, est passé à l'acte. Il a, pour les besoins d'un film, fait mourir un animal à petit feu.

Il parait qu'il a récidivé et que ce film maudit sortirait au printemps prochain, avec d'autres acteurs, avec un autre Rossinante à qui l'on souhaite une meilleure fin.

Jean Rochefort a dit du film qui ne s'est pas fait qu'il aurait été mauvais. Qu'il n'avait du reste aucune sympathie pour Gilliam. Gageons que son prochain film fera un flop. Qu'au moins, de là-haut, Rochefort puisse se marrer.

► (RE)ECOUTER | CO2 mon amour, avec Jean Rochefort au milieu de ses chevaux dans la vallée de la Chevreuse, par Denis Cheissoux

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