Je suis très isolé. On a mis du temps à me construire. J’ai coûté beaucoup d’argent. On a voulu m’inaugurer une première fois mais il y avait tellement de vent que l’on a dû renoncer. C’est chose faite à présent, je suis bien ouvert depuis juin 2016.

Je porte le même nom que celui qui verra ou pas le jour dans les Landes. Je suis un aéroport. Un aéroport flambant neuf sur l’île de Saint Hélène.

Jusqu’à présent on ne pouvait parvenir jusqu’à l’île où est mort Napoléon que par bateau. 

Un bateau toutes les trois semaines en provenance du Cap en Afrique du Sud.
Cinq jours de mer, autant dire que les touristes (595 exactement pour l’année 2016) méritaient leur destination.

En Avril 2016, on a donc voulu inaugurer le nouvel aéroport mais il y avait tellement de vent que l’avion tanguait un maximum et qu’il a dû remettre les gaz trois fois.

De toute façon le pilote a intérêt à être chevronné, le relief étant particulièrement accidenté - on est sur la partie immergée d’un volcan. Il n’y a pas de terrain plat suffisamment long pour une piste d’atterrissage. Il a fallu raboter une montagne, remblayer 7 millions de mètres cube de terre – une vallée entière.

Au bout de la piste il y a un à pic de 300 mètres, et ça on n’a pas pu le réduire

Le tout aura coûté l’équivalent de 318 millions d’euros au gouvernement britannique. Il paraît que quelques perruques ont valsé à la Chambre des Lords ; ils n’étaient pas tous d’accord.

Pour le moment, seuls des avions privés peuvent y aller, un accord a été signé avec une compagnie privée (Airlink) mais aucune date de vol n’est encore fixée.

Ce qui est sûr, c’est que Jean-Paul Kauffman n’aurait pas écrit son merveilleux livre La chambre noire de Longwood dans lequel il tente de saisir comment Napoléon a pu vivre son exil s’il avait dû y aller en avion.

Le charme du voyage en bateau fait partie du récit. Bientôt, le RMS St Helena avec ses 56 cabines ne sera plus qu’un souvenir. En février 2018, ce sera son dernier voyage.

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