La nouvelle directive sur les travailleurs détachés provoque des remous et de profonds désaccords au sein des vingt-huit pays de l'Union européenne.

Pour trouver des éléments de réponse il faut remonter à la source. En 1996, lorsque la première directive sur les travailleurs voit le jour, l’union européenne ne comptait que quinze États. A l’époque les salaires entre pays européens ne variaient que de un à trois. Vingt ans plus tard nous sommes vingt-huit et les salaires varient de un à dix. Le texte européen de 1996 est devenu totalement obsolète, d’où la volonté de la commission de proposer une nouvelle directive qui harmoniserait les droits des travailleurs détachés et permettrait peut-être de lutter plus efficacement contre la fraude. Il faut savoir que la France est le deuxième pays « exportateur » de travailleurs détachés, et le troisième pays " importateur". Que propose le nouveau texte ? Pour la rémunération : le principe serait à travail égal salaire égal. Les règles fixées par les conventions collectives deviendraient obligatoires pour les travailleurs détachés. Un travailleur détaché par une agence transfrontalière de travail temporaire serait employé aux mêmes conditions qu’un travailleur d’une agence d’intérim du pays d’accueil. Il y aurait sans doute une réelle amélioration, à ceci près que les cotisations sociales appliquées aux travailleurs détachés seraient toujours celles du pays d’origine. Les employeurs pourraient donc continuer à embaucher à moindre coût. Onze pays, essentiellement de l’Est de l’Europe s’opposent à ces nouvelles propositions. Pourquoi est-il si difficile de se mettre d’accord ? C’est la question que j’ai posé à Elisabeth Morin Chartier. C’est elle qui va négocier avec la commission et les gouvernements le nouveau texte pour le parlement européen.

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