Retour sur un fait politique majeur qui s’est passé mercredi : le Parlement européen a rejeté le principe de listes transnationales pour les élections européennes.

Une décision qui est une claque pour Emmanuel Macron car les listes transnationales étaient son idée. Après cette douche froide, l’Elysée fait savoir que la France continuera à défendre les listes transnationales, mais avec cette opposition frontale des eurodéputés on ne voit pas comment ces listes pourraient voir le jour d’ici l’an prochain.

En fait c’est la droite du Parti populaire européen, alliée pour l’occasion aux eurosceptiques, dont les britanniques qui ne feront plus partie de la nouvelle assemblée, ainsi que des députés d’Europe centrale et orientale qui ont torpillé le projet. Pour comprendre, il faut remonter au dernier scrutin en 2014. 

Cette année-là, le Parlement européen impose aux chefs d‘Etat et de gouvernement que la tête de liste arrivée en tête lors de l’élection européenne soit automatiquement propulsée président de la Commission européenne. C’est ce qui s’est passé avec Jean Claude Junker.

Or, en l’état actuel du rapport de force politique dans les 27 pays de l’Union, (il y a une majorité de pays qui votent à droite) le PPE est quasiment assuré de conserver l’an prochain la majorité au Parlement. La seule possibilité de contrer ce monopole c’était de faire des listes transnationales. Chaque citoyen européen disposant alors d’une voix nationale et d’une voix européenne. Le calcul du PPE est donc purement politicien. Une partie de la droite redoutait que le futur président de la commission européenne soit issu de ces listes transnationales. Elle a dit non.

Rappelons quand même que lorsque le scrutin pour les européennes était régional, les citoyens n’avaient pas plus leur mot à dire dans la constitution des listes.

Prochaine étape en juin. Les 27 Etats membres doivent adopter à l’unanimité cette décision du Parlement. 

Dans le reste de l'actualité européenne

  • Changement d’heure, les opposants européens donnent de la voix. 

Jeudi le Parlement européen a voté une résolution demandant la fin du changement d’heure à l’automne et au printemps dans l’Union européenne. Plusieurs pays nordiques y sont favorables. Les arguments sont toujours les mêmes : les effets seraient négatifs sur la santé, l’agriculture et la sécurité routière. C’est à la commission européenne désormais  de décider si oui ou non elle s’engage dans cette révision. 

  • Les pays des Balkans bientôt dans l’Union Européenne? 

On en est encore loin bien sûr, mais le dossier avance doucement. 

La Commission européenne a publié mardi un plan d’action pour l'adhésion de ces pays. Une stratégie destinée à les encourager dans les réformes, mais aussi pour convaincre les pays déjà membres de la nécessité d’un nouvel élargissement.

Pas de date précise mais on évoque 2025 pour la Serbie et le Monténégro. Rappelons qu’en France, tout nouvel élargissement est désormais soumis à référendum. C’est prévu dans la constitution. Cela rend l'opération très risquée.

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