La réforme de la Politique agricole commune (PAC) sera lancée en 2018. Dossier explosif en vue.

Il y a quelques jours, la Commission européenne a fait ce que l'on appelle en jargon bruxellois une communication, c'est à dire qu'elle a mis sur la table ses premières propositions de réforme de la Politique agricole commune (PAC), pour une mise en place après 2020. 

La PAC, c'est 40% du budget de l'Union européenne. 65 milliards d'euros ont été est accordé à la France sur la période 2014/2020. Soit 9 milliards d’euros par an. 

Les enjeux sont donc énormes. Ils sont aussi énormes d’un point de vue politique car la PAC est une politique commune entièrement gérée depuis Bruxelles. Or, les propositions du commissaire à l'agriculture irlandais, Phil Hogan, laissent à penser que cette architecture pourrait être remise en cause. 

Renationalisation de la PAC

La Commission propose en effet que l'Union européenne reste maîtresse de la définition des grands objectifs de la PAC, mais chaque Etat serait libre de mettre en pratique cette politique comme il le souhaite, selon une enveloppe financière qui lui serait attribuée. 

Vous l'avez compris, derrière cette proposition se cacherait de fait une renationalisation de la PAC. L’objectif de Phil Hogan serait de moderniser, simplifier une politique jugée trop bureaucratique dans son fonctionnement, et surtout trop onéreuse. 

Le risque, c’est de voir apparaître 27 politiques nationales agricoles différentes avec une distorsion de concurrence pour les agriculteurs qui dépendraient des aides de leurs Etats.

Eric Andrieu membre de la commission agriculture du Parlement européen ne veut pas entendre parler d'une renationalisation de la PAC, même s'il reconnait qu'il faut la réformer au vu des nouveaux enjeux agricoles. Interview.

Les propositions définitives de la Commission sont attendues au printemps.

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Pas sûr que ces mesures passent bien dans la population. On se souvient que début 2017, une première tentative d’assouplissement avait conduit à des rassemblements monstres à Bucarest. A l'époque, le gouvernement avait été obligé de renoncer à ces mesures. 

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