Plongée dans les archives avec les paroles sur le nucléaire des présidents de la Ve République.

La centrale nucléaire de Nogent, à Nogent-sur-Seine, en 1986, dans l'Aube, France.
La centrale nucléaire de Nogent, à Nogent-sur-Seine, en 1986, dans l'Aube, France. © Getty / Serge DE SAZO

Le nucléaire est l’un des sujets qui revient évidemment dans les programmes et les discours de nos dirigeants. 

Le premier président de la cinquième République, Charles de Gaulle, parlait du nucléaire avant tout comme une arme, mais voyait venir le volet énergie :

"Cette puissance nucléaire comme on dit, est liée directement à l'énergie atomique elle-même, qui est comme vous le savez tous, le fond de l'activité de demain."

C’était en 1963, année de la mise en service de la première centrale nucléaire à Chinon, 10 ans avant que la France ne choisisse de passer au tout nucléaire, c’est le plan Messmer, en 1974 : une industrie nucléaire civile pour ne pas dépendre du pétrole. Valéry Giscard d’Estaing est Président à l’époque. La guerre du Kippour a fait basculer les choses, le pays ne peut plus dépendre de l’étranger.

"La politique nucléaire est à la rencontre des deux besoins d'indépendance française, indépendance de la défense, indépendance de notre approvisionnement en énergie, on ne peut pas écarter le nucléaire. D'ailleurs les partis politiques le sentent, alors parfois ils se font plus discrets ou plus prudents pour des raisons électorales. Mais, quand ils sont obligés de prendre une position, ils prennent une position en faveur du nucléaire."

Nous sommes en 1977, année cette fois de la mise en service de Fessenheim, première centrale à produire à partir de l’uranium enrichi.
Il parle de « prudence » car le nucléaire est déjà contesté, d’ailleurs Giscard se fait huer en 1980 dans la Manche.

Nous sommes en 2020, et le nucléaire est toujours là. Mais en 1981, Mitterrand est candidat et veut se démarquer de son adversaire

"J'entends terminer les centrales en construction et je n'entends pas mettre en oeuvre celles qui ne le sont pas."

Voilà une promesse de campagne coup de frein dans le nucléaire. Sauf que, une fois aux manettes à l’Elysée, le discours change un peu :

"Le plan que j'ai développé comme candidat et que j'entends mettre en oeuvre comme président vise d'une part à maintenir un volant important du nucléaire. L'élément du nucléaire est primordial."

Quand Jacques Chirac, lui, déclarait lors de ses vœux aux forces vives de la nation en 2006, vouloir que le pays préserve son avance sur le nucléaire.

Le nucléaire indispensable aussi pour Nicolas Sarkozy, il en parlait en 2011 alors que son quinquennat prenait fin :

"Ceux qui promettent le remplacement de l'énergie nucléaire par des énergies renouvelables, mentent."

C’est son rival en 2012 François Hollande qui remporte l’élection, avec cette promesse de campagne :

"Réduire la part du nucléaire est une nécessité. Je propose qu'à l'horizon 2025 nous ayons diminué de 75% à un peu plus de 50% la part du nucléaire."

Une réduction de 25% de nucléaire pour produire notre énergie. Mais attention sujet sensible, il reste prudent, puisque c'est un enjeu électoral fort.

Une fois à l’Elysée, il annonce la fermeture de celle qui est au centre de toute l’attention depuis plusieurs années.

"La centrale de Fessenheim sera fermée fin 2016."

Sauf qu’EDF fait de la résistance. Il faut donc attendre encore, cette année 2020. 

Que dit Emmanuel Macron sur le nucléaire ?

"Le nucléaire nous permet aujourd'hui de bénéficier d'une énergie décarbonée et à bas coût, c'est une réalité, je n'ai pas été élu pour ma part sur un programme de sortie du nucléaire mais sur une réduction à 50% de la part du nucléaire dans notre mix électrique."

Mais pas pour 2025, il a repoussé à 2035, le cap était « inatteignable » selon Emmanuel Macron qui promet l’arrêt de 12 réacteurs, en plus des deux de Fessenheim cet été. Mais encore une fois, pas de fin totale du nucléaire. Indispensable à la transition écologique, d’après le chef de l’Etat. Qui est né en 1977, comme Fessenheim !

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