Dans le tour d'actualité de la planète, le jour du "dérèglement", le tacle de Greta Thunberg à la Commission Européenne et la découverte d'une île en Antarctique.

Greta Thunberg s’exprime lors d’une réunion au Parlement européen le 4 mars 2020
Greta Thunberg s’exprime lors d’une réunion au Parlement européen le 4 mars 2020 © AFP / KENZO TRIBOUILLARD

Aujourd’hui 5 mars, c'est le jour du « dérèglement »

Il y avait jusqu’à maintenant le jour du « dépassement », dernier en date, 29 juillet 2019. Jour où l’humanité a consommé toutes les ressources que la planète peut régénérer en un an. Le dépassement, donc.
Le jour du « dérèglement », lui, se focalise sur la France, et ses émissions de gaz à effet de serre. Les quatre associations de l’Affaire du siècle qui attaquent l’Etat pour inaction avec deux millions de signatures sur une pétition, ont fait le calcul. A partir d’aujourd’hui, la France a utilisé tout son quota si elle veut être neutre en carbone, comme elle le prévoit en 2050. Le directeur de Greenpeace France Jean-François Julliard réagit à cela : 

"Aujourd'hui, 5 mars on a utilisé 80 millions de tonnes de CO2, donc ce à quoi nous aurons droit en 2050 si on veut atteindre la neutralité carbone. Et pour l'instant ça ne bouge pas, en trois ans, on a fait reculer ce jour du "dérèglement" de deux jours uniquement. Le rythme que l'on a, de baisse des émissions, est trop lent. Si on reste à ce rythme là, la neutralité carbone qui est visée par le gouvernement français en 2050, on l'atteindra en 2085."

Greenpeace dont la dernière campagne, pour dénoncer le blabla des politiques face à l’urgence climatique a été interdite lundi dans le métro parisien et plusieurs cinémas.

Cela dit on a tellement parlé de cette interdiction dans les médias que ça fait quand même un bon coup de pub ! 

Au chapitre inaction climatique, devinez qui cette fois s’est pris une soufflante par Greta Thunberg ? La Commission Européenne qui a publié son projet de loi climat hier. 

Et les applaudissements à Bruxelles étaient plutôt gênés. 

« Nous ne vous laisserons pas capituler au sujet de notre futur », a conclu la suédoise avec sa fermeté désormais légendaire.

La Suède, mais aussi la Norvège, le Danemark, la Finlande bref toute l’Europe du Nord, en passe d’enregistrer l’un de leurs hivers les plus chauds eux aussi – cela étant déjà validé pour la France. 

Les cerisiers ont fleuri dès janvier à Stockholm, pendant qu’Helsinki attend toujours de voir la neige.

Pendant ce temps les forêts tropicales arrivent à leur « point de saturation », titre le magazine Nature cette semaine.

Elles n’arrivent plus à capter suffisamment de carbone, la forêt amazonienne pourrait même en produire plus qu’elle n’en séquestre dans les 15 prochaines années.

La moitié des plages de sable de la planète – 132.000 km de paradis – pourraient disparaître d’ici 2100, à cause de la hausse du niveau des océans.

Mais, le changement climatique "sert" parfois la science, si on peut le dire comme ça. Une île vient d’être découverte en Antarctique, par une équipe de 59 chercheurs en expédition sur un brise glace depuis le mois de janvier. La patronne à bord s’appelle Julia Wellner, elle est géologue spécialiste de la glace, elle raconte cette découverte :

"Mon collègue à la barre du bateau, a dit qu’il voyait des pierres à l’horizon. Il m’a donc passé les jumelles, et c’étaient effectivement des pierres ! Alors que nous n’étions à proximité d’aucune terre. Plus on approchait, plus il était évident que ce n’était pas de la glace mais une île. C’est une île qui était en fait recouverte de glace, la glace s’est retirée et a dévoilé cette île que nous avons donc trouvée. Nous avons exploré le rivage, rocheux, c’est du granit, et il y avait des phoques, donc elle était déjà habitée ! Beaucoup de phoques en Antarctique. C’est passionnant d’un point de vue scientifique pour nous et ça va nous permettre de mieux comprendre ce qui se passe ici."

Sans pour autant sous-estimer la catastrophe que représente le changement climatique et dont elle en a une nouvelle preuve sous les yeux.

Il était 5h et demi du matin pour Julia Wellner au moment de l'appel téléphonique, l'occasion de nous livrer une petite carte postale :

"Il fait nuit ce matin, c’est plutôt agréable après des semaines d’été polaire. Il neige aujourd’hui, ça faisait longtemps, on est entourés d’iceberg, et la mer est aussi glacée, elle commence à geler avec le début de l’hiver."

Elle rentrera à l’université de Houston à la fin du mois, après deux mois dans l’Antarctique.

Enfin, à l’heure actuelle, le tigre du Bengale, et 8 millions d’autres espèces sont menacées d’extinction dans le monde.

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