Alors que les incendies et la sécheresse se poursuivent en Australie, ce sont désormais plus d'1 milliard d'animaux qui devraient périr, d'après le professeur Christopher Dickman à l'université de Sydney.

1 milliard d'animaux risque de périr en Australie
1 milliard d'animaux risque de périr en Australie © AFP / SAEED KHAN

« The Monster » (le monstre) c'est le surnom que la presse australienne a donné aux méga-feux qui ravagent l’est du pays en particulier, depuis le mois de septembre.

Les incendies se sont intensifiés et aggravés ces derniers jours. Emmanuel Macron a d’ailleurs proposé hier une "aide opérationnelle d’urgence" de la France. 

5 millions d’hectares touchés, l'équivalent de deux fois la taille de la Belgique et 480 millions d’animaux possiblement morts en Nouvelle-Galles du Sud, l’Etat de la ville de Sydney. Un chiffre calculé par le professeur Christopher Dickman, chercheur en écologie à l’université de Sydney, qui a revu son compte : 812 millions d’animaux en péril en Nouvelle-Galles du Sud.

"c’est énorme, et ça n’inclut pas les dégâts dans les Etats du Victoria, d’Australie méridionale, ou l’ouest… je ne l’ai pas calculé précisément mais ce serait plus d’1 milliard" ajoute le chercheur.

1 milliard d'animaux pourraient disparaître en Australie, le chiffre est donc vertigineux. Le scientifique et son équipe ont regardé toutes les données et études existantes sur les densités de populations d’oiseaux, marsupiaux et reptiles dans le territoire, 75 à 80% de ce milliard sont des reptiles. Tous ces animaux, ou presque, devraient mourir, brûlés ou asphyxiés. 

Des oiseaux peuvent s’échapper en volant… mais le taux de mortalité va rester haut parce qu’ils doivent trouver des lieux où se réinstaller, sinon ils n’auront pas à manger, pas d’abris, toutes les ressources dont ils ont besoin. Mais presque tous les alentours seront déjà occupés.

Christopher Dickman précise aussi que les données sur lesquelles il a basé ses calculs ne prennent pas en compte les grenouilles, les poissons ou les chauve-souris, le chiffre pourrait donc être encore pire.

Que deviennent les animaux sauvés ?

Les photos de koalas, kangourous ou phalangers volants, « sugar glider » en anglais - un tout petit marsupial qui fait des vols planés - sont partout, les pattes ou la tête bandés, comme des malades à l’hôpital. Chez Christie par exemple, qui a une maison à 200km au nord-ouest de Sydney.

Renard volant rescapé
Renard volant rescapé / Jenny Beatson

j’ai 6 kangourous dans une pièce, 4 opossums dans une chambre à côté… ça ressemble un peu à un zoo en fait !

Cindy Brushtail avec un opossum rescapé des incendies des Montagnes Bleues
Cindy Brushtail avec un opossum rescapé des incendies des Montagnes Bleues / Wires

Une maison pleine d’animaux rescapés, et très abîmés :

Certains d’entre eux sont sévèrement blessés sous leurs pattes, et si vous connaissez les kangourous, ils ont de très grandes pattes ! Nous avons aussi eu un koala tout maigre, sous-alimenté, et déshydraté. Un oppossum qui est arrivé avec de vilaines blessures… on a pu le traiter, pour qu’il n’ait pas mal, mais il est mort deux jours après, on pense qu’il a inhalé la fumée de l’incendie, très violent.

Christie est l’une des 3600 volontaires de l’association Wires en Nouvelles Galles du Sud, la plus puissante pour la défense des animaux sauvages en Australie. Et son porte-parole, John Grant, n’a jamais vu ça :

Jamais… jamais… non on n'a jamais connu une situation aussi terrible. On n’a même pas pu encore faire d’estimations parce qu’on est trop occupés à sauver, emmener chez le vétérinaire, soigner les animaux.. ça n’arrête pas

Le animaux qu'ils retrouvent le plus sont les bébés kangourous, koalas, et autres bébés marsupiaux.

Ils portent tous leur petit dans une poche, mais quand ils sont stressés, ils l’éjectent… c’est l’instinct de survie. En essayant de fuir un incendie, par exemple, une maman kangourou va abandonner son bébé.

Et il n’y a pas que les animaux, il y aussi la végétation. John Grant est allé voir le paysage à quelques kilomètres de chez lui :

Le bush est noir… c’est tout noir… comme un paysage lunaire, avec des pics noirs qui sortent de terre, on ne voit rien, et c’est très silencieux.. c’est assez irréel, et c’est très dur.

Si vous voulez aider même de l’autre bout du monde, vous pouvez, en allant sur le site de l'association Wires ou sur sa page Facebook

Les bilans ne seront pas faits avant des mois et des mois, puisque « the monster » est toujours en cours.

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