L'avant-dernière session de la Convention citoyenne pour le climat avait lieu ce week-end à Paris. Dernière ligne droite, perturbée elle aussi par le coronavirus, qui écrase tous les autres sujets, y compris l'urgence climatique. Mais les 150 citoyens tirés au sort veulent tenir bon !

Manifestation à l'occasion de la journée mondiale pour le climat, le 8 Décembre 2019. Ensemble pour un climat de paix, liberté, égalité et fraternité. Départ de Denfert-Rochereau pour marcher vers Bercy à Paris.
Manifestation à l'occasion de la journée mondiale pour le climat, le 8 Décembre 2019. Ensemble pour un climat de paix, liberté, égalité et fraternité. Départ de Denfert-Rochereau pour marcher vers Bercy à Paris. © AFP / Amaury Cornu / Hans Lucas

Avant-dernière session de la Convention Citoyenne pour le climat 

Les 150 citoyens tirés au sort pour faire des propositions sur le climat (avec l’objectif de 40% d’émissions de gaz à effet de serre en moins d’ici 2030), ont un peu de mal à se faire connaître, alors qu’ils travaillent dur un week-end par mois depuis octobre. 

Le manque de visibilité, les grèves qui ont fait sauter une session en décembre, la fin des travaux repoussée au printemps face à l’ampleur de la tâche et désormais le coronavirus, qui vient tout occulter, aussi bien dans les médias que dans les activités de nos dirigeants. Se sentent-ils encore plus seuls et inaudibles ? 

Il y avait une vingtaine d’absents dans l’hémicycle du Palais d’Iéna à Paris, certains ont suivi les débats en visioconférence. Les autres ont voulu montrer qu’ils ne se laissent pas abattre, avec des flacons de gel hydroalcoolique et des paquets de mouchoirs partout. 

Si on n'est pas là, ce qu'on a fait avant ne servira à rien.

Cette convention n’a-t-elle pas un peu la poisse ?

Mais, au-delà de leur état à eux, est-ce que le coronavirus ne vient pas mettre leurs travaux, et l’urgence climatique, au second plan ? 

"Ca devrait être autant mis en avant que le coronavirus" - Selja, 16 ans.

Yannis, lui, qui est un citoyen reporter de la convention, est très remonté :

On a une campagne contre le coronavirus qui a beaucoup d'ambition, mais faites aussi une campagne du ministère de la Santé pour les questions climatiques.

Sans sous-estimer l’importance du coronavirus, plusieurs sont de cet avis. D’autres, cela dit, ne veulent pas opposer les urgences :

Il y a urgence climatique, on est d'accord, c'est pour cela qu'on travaille d'arrache-pied dessus, mais vu l'urgence sanitaire, on n'est pas à quelques semaines près.

La dernière session de la Convention est prévue pour dans un mois, le week-end du 4 avril, qui pourrait être en pleine épidémie. Le report de la session est donc une possibilité, le clou du spectacle, le moment où enfin ils devraient sortir du bois avec leurs propositions !

Quel que soit le moment où ils remettront leurs travaux, ils ne comptent pas lâcher l’affaire et pensent même aller devant l'Élysée à 150, pour être bien sûrs qu’Emmanuel Macron, lui, ne les oubliera pas.

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