Combien de fois par jour entend-on parler de "bilan carbone", "émissions de CO2", "émissions de gaz à effet de serre", sans savoir - hormis que c'est mauvais pour la planète - précisément ce qu'il y a derrière ? A ceux qui auraient besoin de réviser ces désormais malheureux classiques, un tuto pour tout comprendre !

Emission de gaz à effet de serre
Emission de gaz à effet de serre © Getty

Le Haut conseil pour le climat mettait la semaine dernière la France en garde contre les émissions dues aux importations, dans un rapport intitulé : "Maîtriser l'empreinte carbone". Une sémantique que Camille a décidé de clarifier. 

Qu'est-ce que l'empreinte ou bilan carbone ? 

La réponse de Cathy Clerbaux, professeur en sciences du climat au CNRS :

"Votre empreinte carbone à vous, c'est la somme de toutes les activités que vous faites. Donc, tout ce que vous utilisez qui utilise du pétrole ou du gaz ou du charbon et qui va contribuer à ajouter des gaz à effet de serre dans l'atmosphère."

Et il n'y a pas que nos vols en avion, nos trajets en voiture, nos messages sur Internet ou notre chauffage au fuel. Non, à moins de vivre tout nu, même les vêtements que l'on porte ont un bilan carbone, il a bien fallu les fabriquer, comme le vélo avec lequel vous roulez. Impossible d'être à zéro, mais l'idée est de rendre notre empreinte la plus légère possible. Car Cathy Clerbaux le disait, tout ça ajoute des gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Qu'est-ce qu'un gaz à effet de serre ? 

Il y en a plusieurs. Le premier, c'est la vapeur d'eau qui s'évapore des océans, par exemple. Il y a aussi le méthane ou le fameux CO2, le dioxyde de carbone, qui ne méritent pas totalement leur mauvaise réputation. C'est le chercheur Sauveur Belviso, spécialiste des grands cycles géochimiques, qui nous explique : 

"Au départ c'est quelque chose qui est absolument indispensable, puisque s'il n'y avait pas de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, la température de la surface de la Terre serait d'à peu près - 18 °C. Donc, les gaz à effet de serre, c'est fondamental puisque justement, cela permet de conserver la chaleur à proximité du sol." 

Sans eux, pas de vie. Ils permettent donc d'avoir une température idéale jusqu'à maintenant sur Terre, grâce à l'effet de serre. 

Qu'est-ce que l'effet de serre ? 

Les explications de Cathy Clerbaux :

"La Terre est chauffée par le soleil et tout corps qui est chauffé va réémettre de la radiation sous forme d'infrarouge. Donc, la Terre réémet de l'infrarouge. Cette radiation ne repart pas directement vers l'espace. Une partie est piégée par l'atmosphère. Les gaz qui sont dedans - le CO2, le méthane et toute une série d'autres gaz - vont retourner vers le bas, vers la surface de la terre. Et ça, ça va conduire à un réchauffement de la surface." 

L'atmosphère et ces gaz agissent comme une sorte de couverture protectrice, un petit plaid qui nous évite d'être congelés à - 18 °C. Tout ce petit monde s'équilibre naturellement jusqu'à ce qu'on arrive avec nos activités industrielles au XIXe siècle, qui viennent tout perturber. 

Sauveur Belviso : "Le problème c'est l'excès de gaz à effet de serre. Actuellement, on est dans une situation où, justement, on a émis trop de gaz à effet de serre." 

Conséquence, Cathy Clerbaux : 

C'est comme si on rendait plus dense la couche d'atmosphère qui retient la chaleur. Et donc, ça réchauffe artificiellement la surface de la planète.

La couverture a pris trop d'épaisseur. Les mailles étouffent en surplus de CO2 en particulier, le gaz que nos activités humaines émettent le plus, et la température globale de la Terre se réchauffe. Donc, il faut limiter cette hausse à 1,5 voire 2 °C maximum, si on veut que la planète reste vivable. 

Des gaz coriaces 

Cathy Clerbaux : "Ce qui les caractérise, c'est qu'ils restent très longtemps dans l'atmosphère. Ça peut être plusieurs dizaines ou centaines d'années pour les plus longs." 

Même en imaginant, soyons fous, que toutes les émissions excédentaires s'arrêtent aujourd'hui, il y aura encore du CO2 au dessus de nos têtes dans cent ans. 

Le point de non retour

Dernière étape avec Sauvaire Belviso : le risque que, passé un certain point, tout s'emballe et devienne immaitrisable.

"Si les sols gelés se mettent à fondre, le carbone qui est stocké dans les sols gelés va être attaqué par les bactéries et sera transformé notamment en gaz carbonique et en méthane. Cette fois-ci, c'est la partie naturelle - les sols, c'est naturel - qui va ajouter une couche supplémentaire à la perturbation dont l'homme est à l'origine. La nature répond positivement au réchauffement en réchauffant encore plus. Et là, on n'a plus la main." 

Voilà ce qu'on pourrait appeler le point de non retour. 

D'où l'importance de réduire notre empreinte carbone pour limiter le réchauffement, donc nos émissions de gaz à effet de serre et de CO2 particulièrement, auxquelles vous avez maintenant évidemment tout compris. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.