Ce 16 octobre est la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire en France. 10 millions de tonnes d'aliments se retrouvent à la poubelle chaque année, et notamment dans les bennes des supermarchés, qui continuent de jeter malgré la loi.

Plongée dans les ordure des supermarchés
Plongée dans les ordure des supermarchés © Getty / Jose A. Bernat Bacete

Le 16 octobre fût aussi la date de création de la FAO, la Food and Agriculture Organization, la branche des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, créée en 1945.
Cette journée s’est transformée en France, en 2013, en journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire.

10 millions de tonnes d’aliments finissent à la poubelle chaque année dans le pays, et particulièrement dans les bennes des supermarchés

Freegan France est un activiste, présent sur Youtube, il fait partie des nombreux glaneurs, qui fouillent les poubelles des magasins. Il partage sur internet sa plongée dans les ordures des magasins pour montrer le gaspillage, il commente ses trouvailles dans ses vidéos : 

"cinq tablettes de chocolat ...il y a encore des chips !" il comptabilise 200 paquets de chips à la benne qui ne sont pas périmés.

Pourtant, la loi contre le gaspillage datant du 11 février 2016 impose aux magasins, de plus de 400m² comme les moyennes et grandes surfaces, de « valoriser » leurs invendus, en les donnant par exemple, à des associations.
Dans les faits cela s'avère compliqué comme en témoigne Véréna, glaneuse depuis trois ans à Lille et doctorante en géographie logistique, pour lutter contre le gaspillage alimentaire :

" Les associations n'ont pas forcément les moyens logistiques pour accueillir [ces aliments], ni les moyens de stockage ou de transports et à côté il y a les réglementations sanitaires qui est contraignante."

Parmi ces contraintes, on compte notamment l'impossibilité de donner les aliments dont la date de péremption arrive dans les deux jours. 

D'autant plus que certains magasins continuent de mettre de la javel alors que la loi l’interdit formellement, Véréna l’a constaté il y a quelques jours dans un Casino shop du centre de Chambéry.

Ces glaneurs, au-delà de dénoncer le gaspillage, se servent de leur récup pour se nourrir

Des précaires, comme Freegan, n'envisage évidemment pas seulement la recup comme un mode de vie alternatif.
Une autre activiste comme Ambre organise des ateliers pour savoir bien glaner, avec son collectif « poubelles en nord », difficile pour lui de dire qui est fautif :

"Le problème est dans le système de production."

Il faut préciser que les champions du gaspi, c’est nous, à la maison. 30 kg par personne et par an, dont sept de produits encore emballés. Impact écologique majeur, mais aussi social, puisque je rappelle qu’une personne sur 10 souffre de la faim en France.

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