Elle est partout dans les infos ces derniers jours : l'huile de palme nous semble familière, pourtant, beaucoup ne savent pas exactement d'où elle vient ni ses effets, bons ou mauvais...

Plantation de palmiers à huile en Malaisie
Plantation de palmiers à huile en Malaisie © Getty / simonlong

En fin de semaine dernière, des députés à l’Assemblée Nationale ont cru faire passer discrètement un amendement pour prolonger jusqu’à 2026 un avantage fiscal lié à l’huile de palme (c’est-à-dire la laisser dans la liste des biocarburants), avantage bénéficiant à Total qui vient d’ouvrir une raffinerie spéciale dans les Bouches-du-Rhône. Les députés ont dû revoter vendredi soir et ont cette fois rejeté l’amendement – et donc l’avantage fiscal.

L’huile de palme était donc partout dans les infos, mais sait-on vraiment ce qu'est l'huile de palme ?

L’huile de palme n’est pas mauvaise en soi, pas plus qu’une autre huile végétale en tout cas, c’est une idée fausse. Ce sont plutôt les aliments ultra-transformés contenant de l’huile de palme qui sont mauvais pour la santé. En revanche, sur l’aspect écologie et déforestation, Clément Sénéchal de Greenpeace France nous explique que c'est effectif :

" On va défricher des forêts primaires souvent millénaires qui sont de grands stocks de carbone et des réservoirs de biodiversité inestimables pour pouvoir planter des palmiers à huile, donc ce sont des terres qui sont ravagées par cette culture, d'autant plus que les défrichages ont souvent lieu en utilisant des incendies, donc on va rejeter des grandes quantités de carbone pour étendre ces plantations à huile." 

L'huile de palme est la plus rentable du marché, elle n'est pas chère et elle est efficace à produire. 

Pour faire face à la demande mondiale croissante en huile de palme on plante de plus en plus de palmiers à huile et on rase donc de plus en plus de forêts et de terrains pour leur laisser la place, en détruisant aussi la biodiversité et les habitats (des orang-outan par exemple) dans ce qu’on appelle la « zone intertropicale », Indonésie, Malaisie en Asie, bassin du Congo en Afrique et Amazonie sur le continent américain.

Greenpeace demande de limiter la consommation, et non d’arrêter tout simplement la production d’huile de palme et Pierre-Marie Aubert, chercheur à l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales abonde dans ce sens.

Il faudrait ne pas augmenter les surfaces de plantations de palmiers à huile, malgré la demande qui pourrait donc être multipliée par trois d’ici 2030.

Pour Pierre-Marie Aubert il y a un autre enjeu encore plus important que l’huile de palme en ce qui concerne la déforestation qui est le soja brésilien.

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