La 50e édition du Forum Economique Mondial se tient toute la semaine dans la station suisse de Davos, avec la question climatique comme thème principal pour les politiques et patrons présents. Mais à écouter les discours de Donald Trump ou du PDG de Total, c'est pas gagné pour agir vite !

Image du forum économique de Davos
Image du forum économique de Davos © AFP / Fabrice Coffrini

Le Forum Economique Mondial, ce rendez-vous annuel du gratin économique et politique, avec les plus puissants chefs d’entreprises, des présidents et des ministres, et Greta Thunberg venue leur rappeler leur inaction, malgré les beaux discours. 

Donald Trump était lui aussi à la tribune hier, et après avoir passé 25 minutes à parler industries, emploi, dollars, contrats et prospérité, le président américain a consacré 3 minutes à l’environnement, en prenant bien soin de reparler du fameux « charbon propre » américain, et d'ajouter : 

« Nous sommes déterminés à conserver la majesté de la création divine, et la beauté naturelle de notre monde. Ce n’est pas une époque pour le pessimisme. Nous devons rejeter les éternels prophètes de malheur et leurs prédictions d'apocalypse. Ce sont les héritiers des diseurs de bonne aventure de l’ancien temps… Ils nous voient comme des méchants, mais on ne les laissera pas faire… On ne laissera jamais des socialistes radicaux détruire notre économie, ruiner notre pays ou supprimer notre liberté. »

Pour ce 50e forum qui met pourtant la question climatique à la Une, et n’en est pas à une contradiction près - 1500 trajets en jets privés pour se rendre à la station des Alpes suisses ont été programmés cette semaine - l’allemand Klaus Schwab, demande aux 3000 participants d’arrêter d’émettre des gaz à effet de serre au maximum en 2050, en plus de leur avoir préparé des buffets sans viande et sans touillettes. 

Et parmi ces participants, Patrick Pouyanné, le PDG de Total. Il parlait justement de l’enjeu climatique la semaine dernière lors d’une autre conférence. Il qualifie les défenseurs du climat de "jeunes hispters".

Quant à une neutralité carbone dans 30 ans, voici son avis : 

"On va pas régler le problème d'un coup de baguette magique. Cette tendance à vouloir dire en 2050 tout sera neutre, c'est sympathique, mais aucun d'entre nous ne sera là en 2050."

Le patron de Total estime que la transition est plus compliquée qu’on ne le croit. Donc Greta Thunberg qui répète que le monde doit s’affranchir totalement et immédiatement des énergies fossiles peut se brosser :

"Il faudrait que tout le monde retourne un peu sur terre, je ne verrais pas de mon vivant un système énergétique renouvelable. Les énergies fossiles sont indispensables." ajoute-t-il

Patrick Pouyanné explique que pour pouvoir investir dans ces énergies renouvelables, 70 trilliards de dollars minimum dans les 20 prochaines années d’après lui (c’est 21 zéros le trilliard), il doit générer du cash, grâce au pétrole. 

Et puis aussi, pour faire plaisir aux actionnaires qui regarderaient plus l’avenir de leur portefeuille que celui de la planète :

"Les actionnaires veulent s'assurer de la durabilité de leurs dividendes."

"Chez Total, nous sommes totalement conscients qu'il y a une responsabilité climatique."

Il dit cela, sachant que Total est l’un des plus gros pollueurs au monde.

Total est le 19e émetteur de gaz à effet de serre d’après l’ONG Carbon Disclosure Project. Pollueur, mais "indispensable" à la transition d’après son PDG, c’est un concept, qui peut questionner. 

Enfin, Patrick Pouyanné pose une autre question :

"Peut-on avoir un débat sur ces questions qui soit moins émotionnel ? "

C’est vrai que c’est bien connu, les scientifiques experts de la situation climatique sont des émotifs.

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