L'urgence climatique nous est parvenue en pleine figure avec l'ampleur des feux en Australie début janvier. Mais depuis quelques jours, et alors que ça continue de brûler, le climat semble relégué au second plan. Pendant que la ministre française de l'Ecologie assure "agir"...

Elisabeth Borne, durant une session des Questions au Gouvernement le 7 janvier 2020 à l'Assemblée Nationale.
Elisabeth Borne, durant une session des Questions au Gouvernement le 7 janvier 2020 à l'Assemblée Nationale. © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

On avait commencé l’année avec une mauvaise nouvelle, les incendies en Australie, qui ont permis cependant de nous rappeler, en nous montrant ces images terribles des feux, des kangourous, koalas et autres animaux en péril, à quel point l’urgence climatique est réelle. 

C’était partout, dans les médias, sur internet, l’émotion à son comble, la France qui envoie une aide fissa, mais depuis, quoi… 10 jours… l’urgence climatique n'est plus là.
L’Australie n’est plus que l’Open de tennis à Melbourne dans les infos, alors que ça continue de brûler et qu’une nouvelle vague de chaleur est attendue demain. La réforme des retraites a repris le dessus, sans parler du coronavirus.

Il a quand même été question du climat au forum économique mondial de Davos la semaine dernière. 

Les puissants de ce monde ont effectivement affiché le climat comme sujet prioritaire de leur rendez-vous annuel en Suisse, mais à part plein de bonnes intentions comme d’habitude, pas grand-chose n’en est ressorti. Enfin une chose, le secrétaire américain au Trésor a conseillé à Greta Thunberg de faire des études d’économie, et la jeune suédoise, elle, a estimé que ses revendications ont été, je cite, « complètement ignorées ».

Le climat est donc une fois de plus repassé au second plan – ou au niveau local avec la campagne des municipales -.

Dans les hautes sphères, il y en a une qui résiste.

Il s’agit de la ministre de la transition écologique Elisabeth Borne, notre sauveuse à tous, en train de se démener pour la planète.

La ministre est partout dans les médias, grande interview dans le Monde pour parler de son « plan de bataille », portrait dans Le Parisien « Elisabeth Borne, une ministre techno et fière de l’être », et des passages à la radio et à la télé pour nous dire donc qu’il faut de l’action et c’était déjà le cas en août, sur France Inter et en octobre au Sénat :

"Il faut passer à l'action pour avoir des actes concrets qui permettent de répondre à cette urgence écologique."

Bon alors ça commence à se voir un peu, voilà la première question qu’on lui a posée lundi matin sur RTL  :

"On engage des transformations très profondes et on a des accompagnements et des encouragements pour réduire dès aujourd'hui les émissions de gaz à effet de serre."

Il s’agit des aides financières pour changer sa chaudière ou acheter une voiture électrique…   Et puis, Elisabeth Borne assure que ça va changer dans le ciel aussi :

"Moi je crois à l'avion zéro carbone, à l'avion à hydrogène à partir des années 2035."

Dans 15 ans donc, aller Airbus on se dépêche.

De l’action auprès des industriels aussi apparemment, d’ailleurs ça se passe comment pour que Total baisse ses émissions de CO2, là aussi elle va agir concrètement et fermement, la ministe ? 

"On a surtout des dispositifs au niveau européen où le prix du carbone va augmenter, en tout cas la France plaide pour ça."

Juste après sa nomination l’été dernier elle déclarait en Une du Parisien/Aujourd’hui en France « je veux être la ministre des résultats » et promettait du « concret dès la rentrée ».  
Hier, elle s'est peut-être fait un petit point de rappel :

"Moi je crois à l'écologie de l'action pas à des promesses en l'air."

Et ben allez, action ! Parce que la Terre continue effectivement de tourner, et de se dérégler aussi.

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