Le décès de Jacques Chirac jeudi a éclipsé en partie l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen. Et la communication officielle autour de la catastrophe est difficile à suivre.

Des flots de fumée de l'usine de Lubrizol de Rouen en feu
Des flots de fumée de l'usine de Lubrizol de Rouen en feu © AFP / JOCELYN MORAS

Pas de panique, c'est grave, mais il n'y a pas de danger : voilà en substance le discours du gouvernement depuis l'incendie de Lubrizol à Rouen, qui s'est déclaré dans la nuit de mercredi à jeudi, quelques heures avant l'annonce du décès de Jacques Chirac.  

D’ailleurs, pas un mot d'Emmanuel Macron à ce sujet, il n'a posté depuis jeudi - sur Twitter par exemple - que des messages pour l'ancien président, dont le fameux, « notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». C’est ballot... parce qu’au même moment brûlait donc cette usine qui fabrique des additifs chimiques pour huiles, carburants et peintures industrielles, l’une des 705 usines classées Seveso « seuil haut », c’est-à-dire présentant un risque majeur en cas d’accident. 

C’est Christophe Castaner qui a été le premier à s’exprimer, jeudi matin, alors que l’incendie était toujours en cours.

Je n'ai aucun élément qui permette de penser que les fumées seraient dangereuses. Ne paniquons pas"

Et au même moment les communiqués officiels du Ministère de l’Intérieur mais aussi des pompiers de Seine-Maritime et de la préfecture donnaient des recommandations : 

« Ne pas s’exposer inutilement aux fumées, rester à l’intérieur autant que possible, fermer portes et fenêtres. Une fumée saine n’existant pas, restez hors des fumées »

Le nuage noir faisait 20km de long et 6 de large, et la Une des actualités, quand, à 11h58, l'AFP annonçait le décès de Jacques Chirac, éclipsant tout le reste.

Sur France Inter et dans tous les médias, des éditions spéciales, pendant que l’incendie continue. Il ne sera éteint qu’à 15h. Vendredi, le lendemain, seul Paris-Normandie fera sa Une sur Lubrizol, en titrant « Le choc ». Samedi rebelote avec une photo des forces de l’ordre portant de gros masques à gaz et cette fois « L’inquiétude » en titre. Mais le préfet lui aussi assure qu’il ne faut pas paniquer et qu’il n’y a pas lieu de porter des masques. Pendant que la ministre de la Santé, à Rouen, déclare que la ville est "clairement polluée".

Samedi, le préfet s’exprime à nouveau lors d’une conférence de presse:

Nous avons une situation normale pour la qualité de l'air", déclare le préfet.

Tout est normal, donc… Les déclarations sont largement moquées sur internet. 

Alors on continue de ne pas paniquer. D'autant que le gouvernement promet « la transparence totale », par la voix du Premier ministre Edouard Philippe. On a hâte parce que pour l’instant ça ressemble surtout à de la communication fumeuse, comme le nuage. 

Mais ne paniquons pas. Ou alors en silence. 

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