En Grande-Bretagne aussi, la campagne des législatives s'est beaucoup jouée sur les réseaux, notamment l'engagement politique massif des jeunes...

Installation d'un bureau de vote à Londres le 8 mai 2017
Installation d'un bureau de vote à Londres le 8 mai 2017 © Reuters / Neil Hall

Today in CampaignDotCom we're going to look at what's going on with our weird british neighbours... Nous allons regarder ce qui se passe chez nos étranges voisins britanniques, qui votaient eux aussi pour des législatives cette semaine. Comment Internet est-il utilisé en Grande-Bretagne en période électorale ? L'une des particularités, c'est la puissance de la mobilisation, non pas pour un candidat ou un parti, mais pour l'engagement politique lui-même.

En France, lors de ces deux campagnes successives, on a pu constater que les réseaux sociaux étaient presque exclusivement un lieu pour défendre son programme, son candidat ou attaquer les candidats adverses. Les appels au vote étant dans 99% des cas des appels, voire des injonctions à apporter sa voix à quelqu'un. C'est le cas aussi en Grande-Bretagne, mais en marge de tout cela, on a aussi vu des campagnes très organisées pour simplement inciter les jeunes britanniques à s'inscrire sur les listes électorales et même à simplement s'intéresser à la politique. À la politique en général, pas à un ou une politique en particulier.

La grande originalité de cette mobilisation c'est justement d'être globalement apolitique, hors de tout cadre partisan. L'un de ses principaux représentants, le mouvement "Bite the Ballot" ("Mords ton bulletin de vote") a été créé en 2010 par deux instituteurs et il est particulièrement actif sur Internet, notamment avec sa campagne "Turn Up", en français "Pointe-toi" ou "Viens"... Avec une occupation massive des réseaux sociaux, via des visuels créés par la communauté, des vidéos explicatives, bref tout ce qu'on voit habituellement au service d'une campagne, mais en version neutre : là où en France, même les vidéos pédagogiques autour de la politique (sur YouTube par exemple) sont souvent orientées, voire plus ou moins liées à un mouvement politique.

Des jeux pour se forger ses propres opinions

L'autre grande différence avec la France, c'est l'absence d'injonction à voter ou à ne pas voter... Le mot d'ordre n'est pas forcément de pousser les jeunes au vote (même si c'est évidemment un souhait des organisateurs) mais au moins de les faire choisir en conscience leur vote (ou non-vote) et plus largement de faire réfléchir à leur engagement politique, en accord avec leur vision du monde et leurs problématiques. Le meilleur exemple de cette méthode, c'est l'un des outils de campagne de "Bite the Ballot", qui s'appelle "The Basics" : il s'agit d'une vidéo d'une vingtaine de minutes à télécharger, que n'importe qui peut utiliser comme support pour organiser des mini-réunions publiques.

La vidéo contient des jeux à faire en groupe, très simples, qui vous obligent à réfléchir notamment à votre budget de l'État idéal, puis d'en tirer ce qui, selon vous, devrait être prioritaire (et donc, ce qui est important pour vous dans la politique). Le concept fonctionne : Bite the Ballot se félicite que 72 % des jeunes de 18 à 25 ans soient allés voter cette semaine. Et c'est très certainement liés à ces campagnes numériques pédagogiques, sans jamais être moralisatrices...

Programmation musicale
  • CAMILLE

    FONTAINE DE LAIT (RADIO EDIT)

    Label : BECAUSE2017

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