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"On ne peut pas être accusé de relayer une fausse information si l'on ne sait pas que c'est une fausse information"
"On ne peut pas être accusé de relayer une fausse information si l'on ne sait pas que c'est une fausse information"

Pour ce dernier épisode de Campagne.com, après trois mois à décrypter la communication politique sur les réseaux sociaux, voici quelques conseils pour ne pas vous faire avoir sur Internet, et pour décrypter vous-même tout ce qui se passe dans cet océan d'informations.

Premier filtre : qui écrit ?

D'abord, est-ce la bonne personne ? Contrairement à une époque pas si lointaine, Internet vous fournit aujourd'hui un certain nombre d'indices. Sur Twitter, par exemple, ça passe par le fameux petit macaron bleu "Compte certifié" à côté du nom, qui vous permet de savoir si la personne est bien qui elle prétend être. Si vous voyez ce sigle, c'est plutôt bon signe. Cela ne veut évidemment pas dire qu'une personne sans macaron est forcément un faux compte, juste que Twitter a pris la peine de vérifier ceux qui l'ont. Pour Facebook, remonter les messages précédents de la personne et regarder depuis quand le compte existe peut vous aider à déterminer s'il s'agit ou non d'un faux compte.

Dans le cas d'un article, essayez aussi de savoir d'où il vient. Sur Facebook comme sur Twitter, on peut identifier l'origine en un coup d’œil, via le nom du site dont le lien est tiré... Si vous ne connaissez pas le média en question, en général un petit tour sur un moteur de recherche peut vous aider à y voir plus clair. Méfiez-vous évidemment des articles venant de sites parodiques : si certains assument le fait de faire de l'humour, comme le Gorafi, d'autres essaient de faire croire que leur information est vraie (pour qu'elle soit relayée un maximum), comme NordPresse.

Si l'article provient d'un média qui vous semble sérieux ("non-parodique"), c'est à vous de déterminer qui vous considérez comme une source sûre d'information, selon vos propres critères et pas seulement parce qu'on vous a présenté une source comme sérieuse ou non. Si l'on vous assure qu'un média est crédible ou non, demandez-vous aussi qui vous le dit et pourquoi.

Deuxième filtre : pourquoi ?

En règle générale, quand il s'agit d'un compte officiel politique, celui d'un candidat, d'un élu ou de son équipe, il faut toujours prendre des pincettes. Y compris (voire surtout) avec les personnalités que vous aimez bien : elles ont toujours un objectif politique. Et c'est d'ailleurs tout à fait normal et utile dans le débat démocratique de mettre en avant certaines informations et d'en occulter d'autres, selon l'importance qu'on leur accorde ou le sens qu'on veut leur donner. Cela ne veut pas dire qu'une personnalité politique ne peut pas être une bonne source d'information (c'est d'ailleurs la meilleure source sur ce qu'il ou elle dit ou pense vraiment), simplement qu'il faut garder son orientation à l'esprit.

Troisième filtre : qu'est-ce que j'en pense ?

Globalement, il faut presque plus se méfier d'une information qui confirme quelque chose que vous pensiez : tout le monde peut se tromper et relayer une fausse information, et c'est d'autant plus tentant si elle va dans son sens. Certains sites et certains comptes sur les réseaux sociaux se spécialisent d'ailleurs dans la fausse information qui "brosse son public dans le sens du poil", ce qui est une garantie de "buzz" facile.

Méfiez-vous aussi de ce qui vous enthousiasme ou de ce qui vous indigne. À partir du moment où vous vous dites "si c'est vrai, c'est très grave" ou "même si c'est faux, ça ne m'étonnerait pas", c'est qu'il vaut peut-être mieux vous retenir de partager ce contenu. Bravo, vous avez peut-être fait barrage à une fausse information.

Ce dernier paragraphe parle de sexe

Enfin, une règle universelle : ne jamais s'arrêter à ce qu'on veut vous présenter d'un article... Un titre seul ou un extrait sorti par la personne qui le publie n'est pas en soi une information. Il y a des titres qui peuvent être ambigus plus ou moins volontairement, des citations auxquelles on peut faire dire un peu tout et n'importe quoi une fois sorties de leur contexte... Lisez les articles en entier, lisez les interviews en entier, informez-vous auprès d'un maximum de sources différentes, médiatiques ou non.

L'information, c'est comme le sexe ou le chocolat : on ne se plaint jamais d'en avoir trop. Vous voyez : le titre de ce paragraphe n'était pas mensonger, juste incomplet (et un peu orienté).

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