• Par Laurence Peuron.

Steven Soderbergh a présenté, hier soir, en compétition officielle "Ma vie avec Liberace". Michael Douglas et Matt Damon sont désormais donnés comme deux candidats sérieux pour le prix d'interprétation.

Voir l'ex-trader de Wall Street, l'amant éruptif de Basic Instinct surgir perruque à paillettes, mains embagousées, drapé dans un manteau de vison à strass, c'est en soi une expérience. Michael Douglas incarne avec une vérité sidérante ce Liberace, l'une des premières stars de la télé dans les années 50 puis monstre du music-hall dans les années 70. L'Amérique en avait fait l'un de ses gendres idéaux avant de découvrir qu'au piano, sa virtuosité, il ne la réservait pas aux vieilles dames qui se pressaient à ses shows mais aux jeunes hommes que sa célébrité lui permettait de consommer.

Extrait du film.

Et c'est Michael Douglas qui chante ! Liberace est une sorte de Dorian Gray dont la jeunesse se maintient certes, un peu, à l'aide du bistouri, beaucoup à celle du miroir que lui tendent les garçons qu'il aime. Amour qui se fane à mesure que leurs visages à eux se rident. Pas de scène explicite, Soderbergh s'attache à restituer ce milieu queer qui a donné naissance ensuite à des artistes comme Elton John, Freddy Mercury ou plus près Lady Gaga.

Les studios américains ne l'ont pas compris comme cela. Aux Etats-Unis, le film ne sera vu qu'à la télévision.

Oui parce qu'à Hollywood personne n'a voulu miser pour le film, trop gay, trop queer.

Interview Michael Douglas.

Cette explication industrielle, Matt Damon y croit beaucoup moins. Il le disait hier en interview : « vous imaginez un film de Soderbergh avec Michael Douglas et moi, qui ne trouve pas de financement... C’est quand même curieux ». Et même s'il refuse prudemment d'entrer dans le débat, il concède qu'au cinéma, gay et célèbre sont rarement compatibles.

Interview Matt Damon.

Et dans le genre vœu un peu moins pieux, on souhaite à Soderbergh que ce Liberace ne soit pas comme il l'envisage son dernier film de cinéma.

  • Par Patrick Cohen.

Et dans le cadre de Cannes Classics, la projection aujourd'hui de "Goha", le premier film de Jacques Baratier. Un cinéaste singulier, Baratier, qui a connu le succès au début des années 60, avec un autre film "Dragées au poivre", écrit avec Guy Bedos, et dans lequel on trouvait cette chanson de Rezvani interprétée par un petit garçon de 8 ans.

Extrait de "Lili Gribouille"

Lili Gribouille , du film "Dragées au Poivre". Le chanteur s'appelait Philippe, il était le fils de Sophie Daumier.

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