• Par Laurence Peuron.

Il y a deux ans, le réalisateur danois Nicolas Winding Refn créait la surprise avec Drive , cette année, il divise profondément avec un film très violent Only God forgives .

La violence au cinéma est une chose compliquée et tout réalisateur qui décide d'en faire une affaire esthétique, un trajet artistique se heurte inévitablement à l'hostilité d'une partie du public, c’était le cas hier.

Cannes est un territoire d'expérimentations formidable pour cela. On se souviendra de l'incompréhension et de la colère de Wim Wenders, le président du jury en 1997 face à Funny Games de Michael Haneke. Il avait quitté la salle refusant de d'être l'otage d'une telle violence.

Après lui, Lars von Trier et Antichrist notamment. Un Danois d'ailleurs comme Nicolas Windind Refn. Même si leurs cinémas n'ont pas grand chose à voir.

Winding Refn n'est pas un provocateur mais il assume artistiquement la violence de son film.

Interview de Nicolas Winding Refn.

Mais qu'y a t-il de si violent dans Only God Forgives ?

Du sang, énormément. Mais Winding Refn est un cinéphile malin et lorsqu'il coupe un œil, il le coupe verticalement en réponse à l'œil coupé à l'horizontale de Buñuel dans Un Chien Andalou .

Et surtout, cette violence n'est pas gratuite, elle sert un propos. Only god forgives n'est pas seulement l'histoire d'une mère qui veut venger la mort de son fils mais celle d'un fils qui se venge d'une mère qui ne l'a jamais considéré que comme un avorton.

Kristin Scott Thomas joue ce rôle totalement à contre emploi avec une vérité qui pourrait lui valoir le prix d'interprétation même si ça lui a coûté sur le plateau.

Interview Kristin Scott Thomas.

Une Kristin Scott Thomas transfigurée, un Ryan Gosling plus mutique que jamais, dépossédé aussi de son pouvoir d'évocation virile... Winding Refn est un cinéaste qui explore. La violence du film fait partie d'une expérience artistique avec laquelle il éprouve sa force de cinéma et la possibilité qu'éventuellement elle ébranle la personne qui s'est aventurée dans la salle. C'est réussi.

Il nous a donné hier cette info : il s'attaque maintenant à l'Incal de Jodorowsky et de Moebius.

  • Par Patrick Cohen.

Et pour rester un peu dans l’ambiance, on reverra samedi à Cannes l’un des chefs d’eouvre d’Alfred Hitchcock, Vertigo / Sueurs froides. Kim Novak, James Stewart et la musique de Bernard Hermann…

Extrait.

Vertigo, samedi prochain dans le cadre de Cannes Classic. En présence de Kim Novak.

L'équipe