Cette web-série, qui raconte le quotidien d'une bande d'adolescents au lycée, est diffusée sous forme de courtes séquences vidéos, en temps réel. La saison 3, qui vient de se terminer, était focalisée sur l'histoire d'amour entre Lucas et Eliott. Réalisme et romantisme ont fait exploser l'audience !

C'est un vrai phénomène et il était flagrant la semaine dernière à Lille, au festival Séries Mania : les acteurs de Skam France ont déclenché des cris et des larmes sur leur passage. Les chiffres sont tout aussi éloquents : 28 millions de vidéos vues au total pour cette série française diffusée sur Slash, un site de France Télévision, et sur France 4.

Les ingrédients de l'addiction

De quoi ça parle? D'une bande de copains, qui sont au lycée. De leurs histoires d'amour et de jalousie, de leurs embrouilles, de leurs soirées... De leur vie de gamins de 17 ans, en somme. C'est l'adaptation française d'une série norvégienne, qui fut un immense succès là-bas. Et elle repose sur une forme de narration très originale : tout est fait pour qu'on ait l'impression d'être avec les personnages. La série est diffusée sous forme de séquences, en temps réel. Par exemple, si une scène se passe le lundi à 8h43, juste avant les cours, quand une partie de la bande de potes se retrouve au foyer du lycée, la vidéo est diffusée le lundi à 8h43. Les séquences sont très courtes (autour de trois minutes) et on ne sait jamais à l'avance quand elles seront diffusées, ce qui crée une attente très forte chez les fans. C'est assez malin (ou très cruel, selon la façon dont on voit les choses). 

Si on préfère regarder la série de façon plus traditionnelle et moins fébrile, un épisode de 20 minutes (qui compile toutes les vidéos de la semaine) est mis en ligne le vendredi. On peut aussi suivre tout ce petit monde sur Instagramm. Un compte a été créé au nom de chaque personnage : des photos et des "stories" sont postées régulièrement. Cela vient nourrir l'intrigue, en plus des épisodes. 

Tout cela rend la série très addictive. Mais ce mode de diffusion immersif n'explique pas à lui seul le succès de Skam France. Les personnages, surtout, sont très attachants et chaque saison se concentre sur un ado différent. La saison 4, qui démarre tout juste, braque le projecteur sur Imane, une jeune fille musulmane pratiquante, qui porte le voile en dehors du lycée et qui est tiraillée entre sa foi et sa vie sociale, pour le dire très vite.

Lucas et Eliott, une belle histoire d'amour

La saison 3, qui vient de se terminer - celle qui a suscité la "Skam Mania" - était centrée sur Lucas. Lucas découvre qu'il est homosexuel et il apprend peu à peu à l'assumer auprès de ses copains, auprès de ses parents. Ce n'est pas évident, loin de là. Il tombe amoureux d'un nouveau : un garçon qui arrive au lycée au milieu de l'année, Eliott. Moi qui ne suis plus une ado depuis belle lurette, j'ai été embarquée par cette très belle histoire d'amour. La relation entre Lucas et Eliott est filmée avec pudeur, mais sans filtre : les scènes de baisers fougueux et plus si affinité sont importantes pour faire exister cette histoire et la rendre réelle.

Dans l'ensemble, c'est ce qui frappe dans cette série : le réalisme (même si certains comédiens sont moins justes que d'autres). Le réalisme et les jolies choses qui sont dites en sous-texte : sur le coming out, sur les troubles psychiques (parce que l'un des personnages est bipolaire), sur la différence... et sur l'affirmation de soi. Il n'est question que de cela, en fait : s'accepter soi-même. D'ailleurs, "Skam", en norvégien, signifie "la honte". Comment dépasser la honte et l'obsession de la popularité : voilà un sujet qui parle aux ados... mais pas seulement ! Parmi les très nombreux témoignages de fans reçu par l'équipe de la série, beaucoup disent en substance : "J'ai 26 ans, et j'aurais aimé que cette série existe quand j'avais 16 ans". La fiction joue parfois ce rôle essentiel : celui d'avoir les deux pieds dans son époque.

Pour ceux qui préfèrent regarder "Skam" à la télévision : un épisode est diffusé sur France 4 chaque dimanche à 20h40. 

  • Légende du visuel principal: Lucas et Eliott, une histoire d'amour au lycée (Axel Auriant et Maxence Danet-Fauvel). © Aucun(e)
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