À voir ce soir sur Canal+ : "Ready Player One", le dernier film de Steven Spielberg sortie en salles en 2018... Plus de 13 ans après la sortie de "La Guerre des Mondes", le cinéaste revient à un genre qu’il affectionne tout particulièrement : la science-fiction.

L'intrigue, inspirée d'un roman d'Ernest Cline, y est pour beaucoup. Une dystopie qui nous plonge en 2045, dans une société ravagée par les crises économiques et environnementales. La population est contrainte de vivre dans des caravanes entassées les unes sur les autres, au milieu d'un nuage de pollution permanent. Ça nous rappellerait presque quelque chose !

Les citoyens du monde entier finissent par se réfugier dans un jeu vidéo en ligne ultra performant, où les interactions numériques sont poussées à leur paroxysme grâce à un système de réalité virtuelle. Chaque joueur à son avatar dans ce monde en ligne. Le jeu s'appelle Oasis et en 2045, il a bien plus d'importance que la vie réelle. Les avatars ont la plupart du temps des existences bien plus riches et palpitantes que les joueurs eux mêmes.

Le film se construit autour des allers retours entre la "vie réelle", et la "vie virtuelle". Et la réalisation oscille entre les plans avec de vrais acteurs et les plans en images de synthèse où l'on voit les avatars des joueurs. Pour ce projet, Spielberg a dû réinventer la grammaire visuelle des effets spéciaux pour faire en sorte que les parties de jeux vidéo puissent paraître plus réelles que la réalité elle-même. Les deux mondes se confondent souvent.

De la même manière que le monde des effets spéciaux a connu un avant et un après Jurassic Park, il y aura un avant et un après Ready Player One. On ne fera plus jamais d'image de synthèse de la même manière.

Vous devez sans doute vous dire que je m’emballe mais Ready Player One est un grand film de divertissement. Il aurait même pu être mon Spielberg préféré si je n’avais pas tout de même une petite réserve sur le propos global de l’œuvre. Car je ne vous l'ai pas encore dit mais dans ce film, Steven Spielberg multiplie les clins d'œil à la pop culture des années 1980. On a de tout : des Rubik’s cubes, la Delorean de Retour vers le futur, la moto d'Akira, Goldorak et même la BO sent bon les 80's. Jump de Van Halen accompagne même la scène d'ouverture.

Derrière ses clins d'œil aux années 1980, il y a bien évidemment l'idée d'ériger le passé comme refuge aux turpitudes de ce nouveau monde. En 2045, tout le monde semble penser que "c'était mieux avant". Et si l'on ajoute à cela le fait que le Ready Player One s'achève sur une ode à la déconnexion numérique, on pourrait presque dire que Tonton Spielberg est devenu un tantinet réac avec le temps. De là à le dire, il y a un monde...

  • Légende du visuel principal: Steven Spielberg lors de la première de "Ready Player One" à Londres en mars 2018 © Maxppp / Neil Hall / EPA / Newscom
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