Quand la réalité est plus terrifiante que la fiction... Dans un petit village de Sicile, le père Cataldo reçoit chaque jour des dizaines de visiteurs, venus de toute l’Italie. Sa mission : les délivrer de Satan. "Liberami" est à voir gratuitement sur Tënk pendant une semaine, grâce à un partenariat France Inter.

Des hurlements, des spasmes, des yeux révulsés. Les séances d'exorcisme que filme Federica Di Giacomo dans "Liberami" sont spectaculaires.
Des hurlements, des spasmes, des yeux révulsés. Les séances d'exorcisme que filme Federica Di Giacomo dans "Liberami" sont spectaculaires. © Mir Cinematografica - Opera Films, True Colours Glorious Films

Voici une histoire d’exorciste. Est-ce un film d’horreur ? Non, c’est un documentaire. Nous sommes dans la vraie vie, et autant vous dire que c’est encore plus terrifiant qu’une fiction. « Liberami » (« Libère-moi », en italien) est à voir gratuitement sur Tënk, jusqu'au 7 octobre 2020, grâce à un partenariat France Inter.  

Accrochez-vous. Nous sommes dans la petite église d’un village de Sicile. Un prêtre est en train de bénir une femme, que l’on voit assise, de dos. Il l’asperge d’eau bénite. La scène est paisible. Et soudain, retentissent des cris insoutenables. « Lâche-moi, va-t-en », hurle cette femme d’une voix rauque. Le prêtre ne bronche pas, il lui pose la main sur la tête. Pour lui, apparemment, c’est la routine. Le décor est planté : cette femme est habitée par Satan, elle est là pour être libérée

Sont-ils possédés ou malades ? 

Le père Cataldo, que l’on suit tout au long de ce documentaire, reçoit chaque jour des dizaines de personnes, venues de toute l’Italie. On fait la queue pour le rencontrer. Ses séances d’exorcisme sont impressionnantes. On voit des gens se tordre de douleur ou être agités de spasmes, d’autres encore avoir les yeux révulsés. Certains éclatent d’un rire démoniaque. Le prêtre leur parle doucement, leur touche la tête, récite des prières, ou s’adresse directement à Satan pour le chasser. Difficile de ne pas penser qu'une bonne partie de ces gens souffrent d'une maladie mentale, qu'ils ont besoin de soins.

Aucune voix off dans ce documentaire. Federica Di Giacomo, la réalisatrice, est anthropologue. Elle donne à voir, elle ne commente pas. Sa volonté n’est pas de juger le prêtre ou ses fidèles, ni de s’en moquer. Et pourtant, on rit parfois. Par exemple quand cette autre femme, à quatre pattes, se met à miauler comme un chat. Je vous l’accorde, c’est un rire franchement jaune. Mais surtout, une fois l’effroi atténué, on se pose beaucoup de questions. Ces gens qui s’écroulent brutalement sur le sol : seraient-ils hypnotisés ? On cherche des réponses rationnelles, pour ne pas devenir dingue.  

Mais finalement, peu importe. Peu importe qu’on y croie ou pas. Peu importe qu’on ait parfois des doutes - ces pauvres gens seraient-ils vraiment possédés par le diable ? Je vous assure que vous risquez d’en avoir, des doutes. Oui, peu importe, parce qu’on retient surtout leur souffrance. Ces parents inquiets parce que leur fils fait des colères monumentales. Cette femme qui n’a plus envie de rien mais à qui son médecin assure qu’elle n’est pas malade, pas dépressive. Cette femme qui a subi un viol, on le devine, mais sa voix s’étrangle quand elle essaie de raconter. Tous croient avoir trouvé une réponse à leur mal : le diable est en eux. L’exorciste est un peu psychologue, un peu médiateur familial, un peu travailleur social. Il les écoute et on voit bien que c’est ça qui leur manque : une oreille à qui se confier. 

Sacré et profane

Ce curé est aussi un peu Marie Kondo sur les bords, d’ailleurs ! Parce qu’on le suit dans des séances d’exorcismes à domicile : il est assez cocasse de le voir conseiller à une famille de ranger pour chasser le démon ! Il faut dire que le bazar, dans la maison en question, est spectaculaire. Brûlez-moi toutes ces peluches, et que ça saute. Le père Cataldo propose même de l’exorcisme par téléphone. Le sacré et le profane se mélangent à l'envi. On en reste sidéré. Oui, trois fois oui, la réalité est parfois bien plus spectaculaire que la fiction.  

« Liberami ». Le documentaire dure 1h30. Il est à voir gratuitement sur Tënk, jusqu'au 07/10/20 en cliquant ici. 

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