La journaliste Anne Nivat donne la parole à des gilets jaunes, à des défenseurs de la cause animale, à des écologistes qui prônent la désobéissance civile, comme à des militants d'extrême droite. Questions sur les racines de leur engagement et sur leur rapport à l'illégalité.

Anne Nivat sur un rond point de Moselle, pour ce nouvel épisode de son émission, "dans quelle France on vit".
Anne Nivat sur un rond point de Moselle, pour ce nouvel épisode de son émission, "dans quelle France on vit". © RMC Story

Ce nouveau numéro de "Dans quelle France on vit", magazine de reportage sur RMC Story, tombe à pic à quelques jours de la mobilisation du 5 décembre, même s'il n'en est pas question directement. La journaliste Anne Nivat nous conduit à la rencontre d'hommes et de femmes en colère. Avec l'ambition de montrer à quoi ressemblent les nouvelles formes de militantisme. Nous sommes d'abord en Moselle, tout près de la frontière luxembourgeoise. Le rond point d'Aumetz est toujours occupé.

L'émotion d'un homme en gilet jaune laisse ensuite la place à celle d'un défenseur de la cause animale, à Évreux, qui milite pour une abolition pure et simple de l'élevage. Ou encore celle d'un guide de montagne qui vient en aide aux migrants, dans les Alpes. Il a écopé de trois mois de prison avec sursis pour avoir facilité l'entrée de clandestins sur le territoire français. Cet homme explique humblement que c'est un devoir, pour lui : devoir de dignité et de fraternité, que de venir en aide à ceux qui risquent leur vie pour frapper à notre porte. Tous ces militants, d'horizons très différents, sont interrogés sur eux, sur les motivations de leur engagement et sur leur rapport à l'illégalité. 

Empathie et sens du contact

Anne Nivat est très présente à l'image. Elle fait montre d'une empathie assez rare à la télévision, je dois dire. Un sens du contact qui aide les gens à se confier. Y compris avec des militants d'extrême droite. Elle interroge ici un membre de "Génération Identitaire" : ceux qui ont mené des opération "anti-migrants" à la frontière franco-italienne. 

Des propos d'incitation à la haine sont tenus très calmement, devant une caméra... A ce moment du reportage, je me suis posée une question : mais quel rapport? Quel rapport entre ce jeune homme ouvertement raciste et les autres militants qui sont filmés? Apparemment, ce serait la radicalité. Car c'est le titre choisi pour le reportage: "cette France qui se radicalise". Voilà qui donne l'impression gênante de tout mettre au même niveau. 

Formation à la désobéissance civile

Il n'en reste pas moins que ce reportage apporte une photographie précieuse de différents foyers de colère française. Ici, pas de spécialistes ni d'éditorialistes, mais des anonymes qui se battent pour une cause, quitte à se mettre hors la loi. On assiste d'ailleurs à une étonnante formation de désobéissance civile. Nous sommes cette fois avec les écologistes du mouvement "Extinction Rébellion". Qui dit formation dit exercice pratique. Comment occuper une rue ou une place sans se faire déloger par la police? Eh bien il suffit de faire la tortue, de s'agripper les uns aux autres ! Formation très bon enfant dont l'objectif assumé est de mener des opérations non violentes les plus spectaculaires possible, pour obtenir l'attention des médias. Voilà la preuve que c'est en partie réussi.  

"Cette France qui se radicalise" : un nouvel épisode de l'émission "Dans quelle France on vit". Lundi 2 décembre sur RMC Story à 20h55. 

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