A voir sur RMC Découverte, un documentaire sur des voitures symboles de pouvoir et de puissance, parfois outils de propagande, souvent dotées d´une sécurité maximale.

Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Depuis que je regarde (trop) la télé pour vous en parler chaque matin, je me passionne pour la mécanique. « Les secrets des voitures de chefs d’État » : documentaire diffusé sur RMC Découverte (mercredi 2 mai à 23h), dans lequel on apprend plein de choses sur « the beast », la gigantesque voiture de Donald Trump, sur les papamobiles de Jean-Paul 2, mais aussi sur Hitler et son rapport au volant : et c’est la partie la plus intéressante. 

La voiture comme outil de propagande

On ne dira jamais assez la place que prend le hasard dans le cours de l’histoire : dans les années 20, le journal du parti nazi était imprimé dans un immeuble où se trouvait aussi un magasin Mercedes. C’est ainsi qu’Hitler s’est lié d’amitié avec un concessionnaire, Jakob Werlin. Il lui achète sa première Mercedes Benz en 1923. Quand il se retrouve en prison en 24, il se met à écrire « Mein Kampf », mais il entretient aussi une correspondance avec le concessionnaire, qui restera son ami jusqu’à sa mort. Werlin lui fournit des voitures de plus en plus grosses, au fur et à mesure de son ascension. Et l’automobile, pour Hitler, est un outil très important de propagande : il roule en Mercedes 770 K pour afficher sa puissance et se montrer comme un homme du progrès, de la technique. A Sinsheim, près de Stuttgart, les voitures d’Hitler, qui fonctionnent encore aujourd’hui, sont exposés dans un musée. Et notamment « la groß Mercedes ». 

Hitler n'avait pas le permis

Une voiture blindée, mais dans laquelle Hitler n'était pas protégé, puisque c'était un cabriolet. Voilà qui peut sembler étonnant mais qui en dit long sur le personnage : Hitler parade à découvert parce qu'il se sent protégé par la providence, parce qu’il se voit comme un élu de l’Histoire. Il construit son culte de la personnalité à partir de ce cabriolet blindé. Lui qui est passionné par la Rome antique et par le rituel du triomphe fait de sa voiture son piédestal. Mais j'allais oublier l'essentiel : Hitler, passionné de bagnoles, n'avait pas le permis de conduire ! Or savez-vous comment se dit "permis de conduire" en allemand? Führerschein. 

A la chute du Reich, le parc automobile du Führer est saisi par les troupes du général Leclerc. Et une des voitures d’Hitler est offerte à De Gaulle ! Le général s’en servira une fois seulement, en juin 48 lors d’une visite à Nevers, les images d’archives en attestent.

DS 19 à suspension hydraulique

Le général était plutôt branché DS. Sa relation aux bagnoles fait l’objet d’un autre chapitre du documentaire. Si De Gaulle a survécu à l’attentat du Petit Clamart, c’est grâce à sa DS 19 qui pourtant n’était pas blindée. Elle a pu continuer à rouler malgré les deux pneus crevés par les tirs, grâce à la suspension hydraulique. Pour la petite histoire, sachez qu’il y avait des poulets dans le coffre de la bagnole (et qu'eux aussi s’en sont sortis sains et saufs). Comme un clin d’œil à l’histoire, Emmanuel Macron a renoué avec la DS à son arrivée au pouvoir. Il a choisi une DS 7 crossback diesel. 180 chevaux. Mais cette fois, elle est blindée. En tout cas, me voilà rassurée : ce n'est pas le carburateur ou le nombre de cylindres qui m’intéressent dans ces voitures, mais bien toute l'histoire et la politique qu'elles ont sous le capot. 

« Les secrets des voitures des chefs d’État » : documentaire de 52 minutes signé Jessica Picard, mercredi 2 mai à 23h sur RMC Découverte. 

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.