Nabilla Vergara, elle-même issue de la télé-réalité, anime la version française de cet énorme succès britannique. Le principe : des hommes et des femmes vivent ensemble dans une villa et doivent trouver l'âme sœur. La particularité, c'est que le téléspectateur intervient dans les choix des candidats...

C'est une maison de luxe dans un endroit où il fait beau et chaud et où s’habiller autrement qu’en maillot de bain serait déplacé. La version française de « Love Island » débarque sur Amazon Prime Vidéo et c’est un événement. D’abord parce que l’émission originale, diffusée au Royaume-Uni sur ITV, est un phénomène mondial de télé-réalité. Immense carton d’audience. Et surtout parce que l’adaptation française est présentée par Nabilla Vergara, elle-même pur produit de la téléréalité, personnalité suivie par une communauté de fans impressionnante sur les réseaux sociaux. Les candidats de cette version française ont été dévoilés récemment et la première chose qui frappe, c’est leur humilité :

Mes amis me surnomment parfois Narcisse. Je m'aime et je pense qu'il est important de s'aimer soi-même avant de pouvoir aimer quelqu'un d'autre. 

Pardon, mais cette jeune femme a mille fois raison ! Comment susciter le désir et l’amour si l’on ne commence pas par avoir confiance en soi ? Oui, on peut se moquer, et ça fait partie du jeu d’ailleurs, mais ces candidats avides de célébrité interrogent le rapport à l’amour que chacun de nous entretient, et c’est bien pour ça que ce type d’émission marche. Leur soif de célébrité raconte une envie universelle d’être aimé pour ce que l’on est. 

Quand les téléspectateurs écrivent le scénario

Les candidats sont surtout des blancs, hétérosexuels et sans aucun surpoids, on peut évidemment se désoler des injonctions que cela véhicule. Mais je préfère m’intéresser au dispositif : des hommes et des femmes vivent ensemble dans une villa, sont filmés toute la journée et doivent trouver l’âme sœur. Exactement comme toutes les émissions de téléréalité, me direz-vous ! Certes. Mais la particularité de ce « dating show », c’est l’interactivité. Les téléspectateurs de « Love Island » participent, via une application dédiée. Ils donnent leur avis sur les couples qui se forment, conseillent aux candidats d’accepter ou pas un rendez-vous amoureux avec untel ou unetelle et peuvent décider qui exclure de la villa. 

Il ne s’agit pas seulement de taper 1, 2 ou 3 pour sauver son préféré (comme dans Loft Story à l’époque), mais bien d’écrire le scénario de l’émission. Tout est fait, en tout cas, pour donner cette impression. Et c’est très malin, parce que c’est une façon de jouer avec le soupçon permanent de manque de réel, qui plane au-dessus de ces émissions de téléréalité. D’ailleurs, l’autre recette du succès du « Love Island » britannique, c’est le ton ironique, humoristique, décalé. Ce n’est pas pour rien que Nabilla a été choisie comme animatrice de la version française. De l’amour et pas trop de sérieux : voilà le cahier des charges. « Love Island » est un programme de télé-réalité de deuxième génération, qui a digéré les codes et s’en amuse. 

"Hate-watching" ou premier degré ?

Je sais bien qu’une partie de nos auditeurs doit être outrée que j’en parle. D’ailleurs, on peut aussi regarder cette émission en optant pour le « hatewatching », comme disent les anglo-saxons : je déteste, mais je regarde quand même, ou plutôt je regarde parce que je déteste. Mais on peut aussi en profiter au premier degré, comme un divertissement efficace. Je ne sais pas s’il vous est déjà arrivé de jouer les entremetteurs, de susciter une rencontre entre deux personnes qui ensuite tombent amoureuse. Avouez que c’est réjouissant, cette impression de tenir les ficelles de l’amour. Eh bien ce sentiment de toute-puissance vous est désormais proposé par la télévision ! 

« Love Island », version française : sur Amazon Prime Vidéo, pour les abonnés à cette plateforme, à 19h30 à partir du 2 mars 2020.

  • Légende du visuel principal: Nabilla © Amazon Prime Video / ITV Studios France
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