Natalie est accusée d'avoir assassiné son mari le soir de leur mariage. Cette Française installée en Israël reçoit le soutien d'un diplomate, qui va mener l'enquête... Entre thriller, drame fantastique et saga familiale, cette série franco-israélienne est une réussite. Avec Reda Kateb et Nadia Tereszkiewicz.

Tout commence par un mariage, à Tel Aviv. La fête bat son plein, les mariés sont au milieu de leurs convives, qui chantent et applaudissent. La pièce montée arrive, on tend un couteau à la mariée pour couper la première part. Soudain, la salle est plongée dans le noir. Quand la lumière revient après quelques secondes, on découvre que le mari est mort, étendu dans une mare de sang. La mariée tient toujours le couteau dans la main, sa robe blanche est couverte de sang. Elle semble complètement perdue, hagarde. Ainsi démarre "Possessions", série franco-israélienne diffusée sur Canal Plus à partir du 2 novembre. 

Victime innocente ou dangereuse manipulatrice ? 

Natalie est arrêtée et explique à la police qu’elle ne se souvient de rien. Elle n'a pas tué son mari. Comme elle est Française, installée depuis peu en Israël avec sa famille, elle reçoit la visite, dans sa cellule, d’un diplomate du consulat de France (Reda Kateb). Tout de suite, il semble douter de sa culpabilité. Et nous aussi. On la croit. Au début, en tout cas. Mais on va changer d’avis dix fois, vingt fois : c’est ça qui est génial, dans cette série ! Natalie est-elle aussi vulnérable qu’elle en a l’air, avec ses yeux d’ange ? Est-elle au contraire une dangereuse manipulatrice ? Nadia Tereszkiewicz est formidable dans ce rôle terriblement ambigu, une héroïne très hitchcockienne. Tout le casting, d’ailleurs, est remarquable : Reda Kateb, le diplomate, qui se passionne pour cette affaire au point de mener une enquête parallèle à celle de la police israélienne. Tcheki Karyo dans le rôle du père de la mariée. Judith Chemla et Aloïse Sauvage, qui incarnent les deux sœurs. 

Qui possède qui ?

On navigue entre polar, saga familiale et thriller fantastique. Les pistes sont innombrables. Et les questions pleuvent. Natalie voulait-elle vraiment épouser cet homme ? Quelles étaient leurs relations, avant le mariage? En qui peut-on avoir vraiment confiance ? Combien pèsent les secrets de cette famille mystérieuse ? Et puis comment faut-il comprendre ce titre, « Possessions » ? Qui possède qui ? Serait-ce une histoire de démon qui hante les vivants, une âme blessée qui demande réparation ? Ou alors - hypothèse plus rationnelle - une histoire d’emprise ? L’emprise d’une mère tyrannique et superstitieuse sur toute une famille. La mère de la mariée, campée par Dominique Valadié, est absolument flippante. Tout comme sa sœur, d’ailleurs, qu’incarne Ariane Ascaride. Le scénario, signé de l’Israélien Shachar Magen et de la Française Valérie Zenatti, est d'une efficacité redoutable.

Plus vous êtes pragmatiques, plus vous allez vous faire balader : entre la foi et la logique, entre le fantastique et la réalité. Ce grand écart crée une tension de dingue. A mesure qu'on avance dans la série, le mystère s’épaissit. Tous les personnages semblent détenir un secret qui les positionne tour à tout comme victimes ou bourreaux. Autant vous dire que vous risquez d’être, comme moi, complètement… possédés par ces noces de sang. 

« Possessions ». Les deux premiers épisodes lundi 02/11 sur Canal Plus, à 21h..

  • Légende du visuel principal: Reda Kateb, diplomate français en Israël, fasciné par une affaire criminelle pétrie de superstitions... © Vered Adir - Haut et Court TV / Quiddity / Canal+
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