La semaine dernière, Netflix a publié un épisode spécial de sa série britannique "Black Mirror" : un épisode interactif intitulé "Bandersnatch", à la manière d'un "Livre dont vous êtes le héros".

Pour ceux qui ne connaissent pas Black Mirror, c'est une série qui se distingue par sa critique féroce de notre utilisation du numérique et de ses écrans. Je vous recommande d'ailleurs vivement de rattraper les quatre premières saisons qui sont disponibles sur Netflix avant d'entamer l'épisode dont on va parler aujourd'hui. 

Cet épisode spécial publié vendredi dernier s'appelle Bandersnatch et a pour particularité d'être interactif. Le téléspectateur doit faire des choix devant cet épisode et de ces choix va dépendre le déroulé du récit. À peu près le même principe que les livres qu'on lisait gamin, une collection qui s'appelait "Les livres dont vous êtes le héros" et où il y avait plusieurs constructions narratives au sein du même livre, vous vous souvenez de ça ?

Concrètement, à certains moments de l'épisode, une bande noire apparaît en bas de votre écran et vous avez le choix entre deux propositions. Le récit se construit ainsi en fonction des décisions que l'on prend. Cela veut dire qu'il y a très peu de chance pour que l'on puisse voir le même. Chacun aura donc sa propre expérience du Bandersnatch de Black Mirror.

Ce procédé est-il pertinent ?

Tout l'intérêt d'une fiction, c'est d'être passif face aux événements qui se déroulent devant nous et face aux choix narratifs du créateur. Une bonne fiction est une fiction où l'on ne nous laisse pas le choix. Tout le monde se souvient des Misérables, personne ne se souvient d'un titre d'un de ces livres dont vous êtes le héros...

Et Bandersnatch n'échappe pas à la règle. Il est loin d'être du niveau des autres épisodes de Black Mirror. On n'entre jamais vraiment dans le récit et on ne croit pas en ces personnages qui sont d'une pauvreté abyssale. 

Faut-il tout de même de regarder cet épisode ?

Il faut le voir pour ce qu'il dénonce. Le personnage principal est un jeune créateur de jeux vidéo interactif qui se rend compte, au fil du récit, qu'il est lui même la marionnette d'une force étrange dont il ne détermine pas l'origine et qui s'est emparée du cours de sa vie. Cette force étrange, c'est nous. Notre clic a un impact direct sur la vie de ce jeune garçon et il en est conscient. Spoiler : ça se finit toujours mal pour lui.

À travers ce procédé, Black Mirror réussi une fois de plus à nous questionner sur la perversité de certaines de nos pratiques numériques. Car oui, comme dans cet épisode, notre clic a du pouvoir. Sur les réseaux sociaux, il va même déterminer la manière dont les autres se comportent. 

Nos interactions numériques (likes, commentaires ou autres) ont de l'impact sur la construction personnelle de certains individus. Et comme dans Bandersnatch, quand on n'arrive plus à se libérer de cette emprise, ça finit toujours mal.

Légende du visuel principal:
"Bandersnatch", épisode de "Black Mirror" interactif
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