Il fut un temps où la télévision accueillait chaque été des émissions itinérantes qui faisaient le tour des plages de France. Un genre télévisé qui a peu à peu disparu au grand regret de notre chroniqueur Redwane Telha...

Les émissions tv de l'été ont disparu du petit écran et c'est symptomatique, d'après Redwane Telha, de la disparition de la télévision de proximité
Les émissions tv de l'été ont disparu du petit écran et c'est symptomatique, d'après Redwane Telha, de la disparition de la télévision de proximité © Getty / Jacobs Stock Photography Ltd

On se souvient tous de 40° à l’ombre, une émission diffusée sur FR3 et animée, entre autre, par Caroline Tresca et par Vincent Perrot.

Une émission itinérante qui s’est arrêtée il y a un peu plus de vingt ans et qui, chaque semaine de l’été, s’installait dans une nouvelle station balnéaire pour faire des jeux et aller à la rencontre des téléspectateurs.

À l'époque, ce n’était pas la seule émission qui faisait la tournée des plages, loin de là. On s’en souvient un peu moins mais sur TF1, le Club Dorothée partait aussi en vacances partout en France.

La disparition de ce style de programmes dit – à mon sens - énormément de ce qu’est en train de devenir la télévision

Je m’explique : on parle là d’émissions qui étaient en direct tous les jours de la semaine. Qui allaient à la rencontre des Français partout où ils étaient. Et qui prenaient le risque de les faire intervenir à l’antenne, sans les avoir testé au préalable. 

C’est précisément tout ce dont la télévision est incapable aujourd’hui. Il n’y a quasiment plus d’émission en direct. Tout est enregistré dans des studios de région parisienne. La télé ne quitte plus ces plateaux en carton-pâte. Et tout est pensé pour qu’il y ait le moins d’imprévu possible.

Faut-il pour autant regretter 40° à l’ombre ? 

Pas forcément. Elle avait bien des défauts cette émission. Elle ne racontait pas grand-chose et pour un programme de service public, c’est quand même problématique. Et puis, certaines séquences étaient d’une misogynie crasse qui ne me manque absolument pas.

Mais cette émission avait une chose pour elle : elle était libre ! Elle s'autorisait tout pour le meilleur comme pour le pire. Et c'est ça qui faisait qu'elle était si rafraîchissante.

Je pense que la télévision se meurt, non pas à cause de Netflix ou de Disney mais à cause du manque de liberté qu’il y a à la télé et qui a totalement sclérosé les gens qui la fabriquent.

Je me souviens que gamin, je regardais « L’été de tous les records », une émission de France 3 qui faisait aussi le tour des plages de France. Je la regardais parce qu’il se passait toujours des choses que personne n’avait prévu. C'est ça la beauté du direct ! Et ça me manque beaucoup. 

Je me souviens aussi qu’en vacances à Saint-Pier-La-Mer, j’avais vu avec mes yeux d’enfant les plateaux de tournage de cette émission qui s’installaient tout près de moi.

C’était une télévision de proximité, une télé à échelle humaine, profondément organique, qu’on pouvait presque toucher et qui aujourd’hui n’existe plus.

Ces prochaines semaines, sur les grilles de programmes, il y aura des émissions médiocres comme « Affaires Conclues » que l’on voit déjà le reste de l’année. Des programmes enregistrés depuis longtemps, dans des studios austères de Plaine Saint Denis, où rien ne dépasse. Où rien ne se passe. 

Pas d'émission inédite. Pas de plage. C’est triste mais la télé a fini par tuer l’été…

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