Présent partout dans le monde, le chat a conservé, malgré des millénaires de domestication, des instincts de prédateur. Sa prolifération est un fléau pour certains écosystèmes fragiles, comme en Nouvelle-Calédonie ou en Australie. Un documentaire captivant, à voir sur Arte.

L'humanité, comme vous le savez, se divise en deux catégories : ceux qui adorent les matous, qui les trouvent trop mignons et ceux qui ne peuvent pas les voir en peinture. Je fais partie, je l'avoue, de la deuxième catégorie. Je n'aime pas les chats et pourtant, ce documentaire m'a passionnée. Parce qu'il montre la vraie nature de cet animal : c'est un dangereux serial killer. "Le chat, ce tueur si mignon" est à voir sur Arte. 

Grandes capacités de chasseur

Je vous rassure, si vous aimez les chats, vous serez captivés aussi. Leurs capacités impressionnantes sont décortiquées et l'on comprend mieux leurs talents de chasseurs. Une très grande agilité, une audition très puissante, des griffes acérées et rétractiles, mais aussi la capacité de voir la nuit : le chat est nyctalope. Le problème, c'est qu'il est devenu une menace pour certaines espèces en voie de disparition, aux quatre coins du monde. L'union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) a classé le chat parmi les espèces les plus agressives et nuisibles. 

Nouvelle-Calédonie et Australie

Cette menace vient surtout de ceux qu'on appelle "les chats harets", c'est à dire des chats domestiques retournés à l'état sauvage. Et notamment en Nouvelle-Calédonie : cet archipel français dans le Pacifique abrite une biodiversité parmi les plus riches de la planète. Avec des espèces endémiques qu'on ne trouve que dans cette zone. C'est le cas de certains lézards. S'ils se font tous dévorer par les chats, ils risquent de disparaître pour de bon. Les puffins fouquets sont aussi en danger : ces oiseaux marins ne sont pas du tout craintifs car, au cours des millénaires d'évolution, ils n'ont pas vu de prédateur. Les chats de Nouvelle-Calédonie s'attaquent aussi aux chauves-souris, ou encore aux crabes et aux poissons : il est assez impressionnant de les voir harponner leurs proies en plongeant les griffes dans la mer d'un coup sec, comme un ours au bord d'une rivière. 

Ce qui n'arrange rien pour la biodiversité, c'est que les chats ne sont pas de fins gourmets. Ils n'ont pas beaucoup de papilles gustatives. Autrement dit, ils s'attaquent à tout ce qui promet une ration de protéine. Et leur instinct de chasseur les pousse à s'attaquer à une proie même quand ils n'ont pas faim.

Menace pour le rat-kangourou

Ce documentaire nous conduit aussi - et c'est la séquence la plus intéressante - en Australie. Dans ce pays, la prolifération des chats haret est un fléau que les autorités prennent très au sérieux. Car ils s'attaquent notamment au rat-kangourou, un marsupial dont la population est en déclin. Au centre du pays, on a créé une zone sans prédateur : une immense clôture a été érigée. Mais il ne suffit pas de protéger les proies, il faut aussi leur apprendre à se défendre : des biologistes capturent donc des chats sauvages pour les introduire, petit à petit, dans la réserve. L'idée est d'améliorer les stratégies de fuite des marsupiaux, de les rendre plus méfiants. De rétablir un rapport de force entre le chasseur et sa proie, en quelque sorte. Une chose est sûre : vous ne verrez plus le chat de la même manière quand  vous tomberez sur une énième vidéo attendrissante sur internet...

►► "Le chat, ce tueur si mignon" : documentaire de Jean-Pierre Courbatze (durée 43 minutes), sur Arte lundi 3 juin à 19h, ou en replay sur le site d'Arte. 

  • Légende du visuel principal: Le chat est un chasseur hors pair, notamment grâce à son agilité exceptionnelle. (Flair Production) © Flair Production
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.