Il (ou elle? on ne sait pas) revient pour une saison 3. Le professeur Moustache, à qui François Morel prête sa voix, désacralise la science avec beaucoup d'humour. Des pastilles de trois minutes à voir sur Arte pour apprendre à penser en dehors du bocal.

Le retour du professeur Moustache me met en joie ! Ce personnage a été inventé par l’autrice de bande dessinée Marion Montaigne. « Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même) » : c’est le titre de sa BD, dont cinq tomes sont disponibles. Et c’est aussi un dessin animé sur Arte : des pastilles de trois minutes, diffusées le soir à 20h50. Le plus simple, c’est de d’aller sur le site d’Arte pour tout regarder d’affilée. La saison 3 est désormais disponible.

Une série scientifico-trash

Il pense en dehors du bocal : voilà qui le présente très bien. Le professeur Moustache est un scientifique qui répond de façon rigoureuse à des questions souvent loufoques. Un ou une scientifique d’ailleurs, car son genre est un mystère, il varie au gré des épisodes : Moustache est fluide ! Arte présente « tu mourras moins bête » comme une série « scientifico-trash », et c’est vrai que ce cher Moustache a un certain goût pour les sujets tabous. Dans cette saison 3, par exemple, vous saurez tout sur le spermatozoïde géant de la mouche drosophile (à titre de comparaison, c’est comme si celui de l’homme mesurait la taille d’une baleine). Un épisode savoureux est aussi consacré aux scientifiques punks : vous savez que dans la recherche, il faut souvent donner de sa personne et parfois tester soi-même. Mais certains sont allés plus loin que les autres... par exemple Carl Wilhelm Scheele, chimiste allemand du 18ème siècle :

Scheele avait la fâcheuse tendance de goûter toutes les substances chimiques qu'il découvrait. Sans doute totalement pété, il a été incapable de faire part de certaines de ses découvertes, dont celle du chlore. C'est trente ans plus tard qu'un certain Humphry Davy   découvrit le chlore pour de bon. Mais, comme on dit en science fondamentale, c'est celui qui dit qui est.

François Morel prête sa voix au professeur Moustache : son interprétation contribue largement au charme de cette série. Le dessin, le style de Marion Montaigne, foutraque et très vivant, y est aussi pour beaucoup.  

Parmi les disciplines abordées, pas mal de biologie et de chimie. Mais cette troisième saison se penche aussi, plus que les précédentes, sur des questions de psychologie et de psychiatrie. Avec notamment un épisode consacré aux pervers narcissiques, et un autre aux passifs-agressifs.

Désacraliser la science

Il faut mesurer le temps que passe Marion Montaigne à se documenter, à étudier les sujets qu’elle aborde, à consulter les spécialistes. On entend parfois des scientifiques dire qu’ils n’aiment pas le terme de « vulgarisation », peut-être parce qu’on y entend le mot « vulgaire » ou parce que cela implique de baisser le niveau. Eh bien ce petit format drôle et passionnant rend ses lettres de noblesse à la vulgarisation scientifique, dans ce qu’elle a de plus généreux.  

« Tu mourras moins bête, mais tu mourras quand même », sur Arte tous les soirs à 20h50 et sur le site d’Arte (arte.tv).

  • Légende du visuel principal: Grâce au professeur Moustache, les conditions de la découverte du chlore va vous passionner... © Folimage / Ex-Nihilo / ARTE France
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