Soan a 18 ans, il est issu d'un milieu modeste et a intégré le Conservatoire de Bordeaux. Il doit décrocher son bac pour pouvoir poursuivre son rêve de devenir danseur professionnel. Ses parents ne sont pas emballés, au début. Un documentaire tout en grâce le suit pendant plusieurs mois, jusqu'aux résultats du bac.

Il y en a plein, des gamins de 18 ans qui aiment la danse. A quoi ça tient, que celui-ci soit aussi émouvant? A quoi ça tient, qu'il prenne aussi bien la lumière? A quoi ça tient, qu'il soit aussi attachant? Sans doute la réponse est-elle en partie dans son sourire, d'une douceur et d'une malice infinies. Mais aussi dans son parcours, car l'histoire de Soan est celle d'un changement de trajectoire sociale et culturelle. Ce mardi 4 février sur France 2 - beaucoup trop tard malheureusement, 23h40 (vive le replay) - vous pourrez voir un documentaire intitulé "celui qui danse". Olivier Lemaire a filmé Soan pendant un an. Ce lycéen vit dans le Sud Ouest de la France. Il est métis, son père est d'origine réunionnaise. Il est très beau, surtout quand il danse. Soan a intégré le Conservatoire de Bordeaux en danse contemporaine, sans maitriser le vocabulaire technique ni les gestes précis, parce que son talent était une évidence. Mais il doit à présent rattraper son retard. 

J'ai commencé tard à danser. J'ai commencé tard à m'ouvrir et à montrer ce que je voulais vraiment faire. J'ai envie de rattraper ce retard. C'est devenu un besoin, en fait. 

Il fait de la danse depuis un an seulement, la plupart de ses camarades dansent depuis l'âge de 6 ou 7 ans. Soan est issu d'un milieu modeste : sa mère est ouvrière agricole, elle travaille dans les vignes, son père est maçon tailleur de pierre. Il faut bien dire que ses parents ne sont pas franchement emballés par sa passion : la danse c'est pour les filles, et puis ce n'est pas vraiment un métier...  Soan les laisse dire, il travaille assidument. 

Passe ton bac d'abord

Pour poursuivre une formation supérieure de danse, il lui faut le bac. Or Soan est un mauvais élève, à la limite du décrochage. On le suit, semaine après semaine, jongler entre les révisions et la danse. Je ne vous dévoile pas la fin mais le suspens du bac, jusqu'au jour des résultats, est très bien mis en scène dans ce documentaire sans voix off et plein de grâce. Et peu à peu, on voit les parents se faire à l'idée d'avoir un fils qui aime la danse plutôt que le rugby et même se faire tous beaux pour venir l'admirer danser sur scène : c'est fichtrement émouvant. 

Il m'arrive de me demander si j'ai pris le bon chemin, si je devrais renoncer. (...) Mais je sais que quand je ne serai plus fermé des épaules et que tout ça va s'ouvrir, que mon regard va monter, alors je pourrai prendre mon envol et être libre. 

On pense à Billy Elliot, évidemment. Alors oui, il y en a plein, des gamins de 18 ans qui aiment la danse, mais Soan force l'admiration, par sa détermination, sa pugnacité. On est aussi touché par sa fragilité, qui affleure quand la fatigue est trop forte. Voilà un gamin qui donne foi en l'avenir, et ce documentaire est une grande bouffée d'optimisme. Quant au titre, "celui qui danse"... Est-ce une référence à Michel Berger? "Celui qui chante"? Sans doute ! Et c'est bien trouvé, parce que comme dans la chanson, on peut dire de Soan : "Il est heureux, malheureux comme nous. Il cherche ce qu'il voudrait comme nous. Mais quelque chose l'emporte au-dessus de tout".

"Celui qui danse". Mardi 4 février à 23h40 sur France 2, dans la case "Infrarouge" présentée par Marie Drucker. Et en replay dès le lendemain matin. 

  • Légende du visuel principal: Soan crève l'écran, et sa présence sur un plateau de danse impressionne. © Agat Films / France Télévision
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