Pas de conseil télé aujourd'hui... mais une réflexion sur la télévision : pourquoi dans les talks-shows français comme "Quotidien" ou "On n'est pas couchés" y a-t-il du public DERRIERE les animateurs ? Le public qui s'est déplacé ne mérite pas de voir celui ou celle pour qui il s'est déplacé ?

Alors que pour être tout à fait honnête, il y a plein de programmes intéressants à regarder ce week-end. Cherchez par vous-même. Si vous ne trouvez pas, envoyez-moi un message sur les réseaux sociaux et je vous enverrai mes recommandations personnelles.

Mais aujourd'hui, je voulais profiter de mon dernier passage à l'antenne avant le retour de la taulière Dorothée Barba pour vous partager l'une de mes réflexions sur la télévision.

Cette semaine, j'ai regardé un best-of de Quotidien, l'émission de Yann Barthès. Et il y avait une rediffusion d'une chronique d'Alison Wheeler, qu'on connait bien à France Inter et qui est devenue à la rentrée un visage du talk-show de TMC.

Derrière elle, du public. DERRIÈRE. Imaginez donc : une humoriste qui, en pleine prestation, donne le dos à des hommes et des femmes qui sont venus l'applaudir. Ces gens qui se sont déplacés ont vu... les cheveux d'Alison Wheeler et rien d'autre.

Et ce n'est pas de sa faute. Il y a du public TOUT AUTOUR du plateau. Il y a donc forcément des spectateurs qui sont derrière les personnes qui se trouvent sur le plateau. Il y a des gens derrière Yann Barthès, derrière les invités, derrière les autres chroniqueurs...

Ce n'est pas nouveau, c'est même une vieille tradition de talk-show français...

Prenons l'exemple d'On n'est pas Couché : il y a du public derrière les invités et les chroniqueurs. Il y en avait aussi autour du plateau du Grand Journal, derrière les invités de Tout le Monde en Parle et même en toile de fond des sketchs d'Antoine de Caunes et de José Garcia dans Nulle part ailleurs.

Dans l'histoire de la télévision française, le public a toujours été un élément de décor. Un élément de décor qu'on soigne tout particulièrement, en choisissant – il faut le dire - de placer de jolis jeunes gens juste derrière les animateurs. 

Le Canal Football Club, le talk-show du dimanche soir de la 4, fait même appel à une agence d'hôtesses pour être sûr d'avoir systématiquement des jeunes femmes derrière Hervé Matoux, l'animateur. Le décolleté plongeant est souvent de rigueur. Une manière bien sexiste de retenir le téléspectateur qui serait tenté de zapper.

L'utilisation du public en tant qu'élément de décor de plateau en dit long sur les talk-show français

À ce propos, il y a quelques mois, Gad Elmaleh était l'invité d'un Café au Lot7, très bon podcast de Louis Dubourg. L'humoriste qui vit désormais entre la France et les États-Unis disait lors de cette discussion que ses collègues américains, en voyant des images de Gad sur les plateaux français, ne comprenaient pas pourquoi il tournait le dos au public.

Il faut dire que c'est inconcevable aux États-Unis. Les talk-show se font sur scène pour un public qui est en face, en train de le regarder. Les spectateurs n'apparaissent que très peu à l'écran. Ils ne sont pas un élément de décor qu'on colle en arrière-plan de l'animateur. 

Aux États-Unis, le talk-show est avant tout pensé comme un spectacle. Et quand vous allez au spectacle, vous ne vous retrouvez jamais avec un artiste qui vous tourne le dos. Il faut respecter le public qui s'est déplacé et donc il faut lui faire face tout au long du show.

Alors j'aimerais passer un message à la télévision française. Le public de vos émissions n'est pas un papier peint. Le public est composé de femmes et d'hommes qui méritent d'être regardés quand vous prétendez leur parler. À force de tourner le dos à vos spectateurs, c'est eux qui finiront par ne plus vous regarder. 

  • Légende du visuel principal: Yann Barthès, dos au public, sur le plateau du Petit Journal © AFP / Lionel Bonaventure
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