A bord d'un combi mal en point, la famille Hoover traverse l'Amérique pour accompagner la petite dernière à un concours de beauté. Little Miss Sunshine, à voir dimanche soir sur LCP, est un road movie aux allures de thérapie de groupe itinérante. Hilarant et bourré de tendresse.

Et si on passait notre samedi soir devant la télé ? J'ai épluché le programme, voici ce que je vous propose. The Voice sur TF1. Secret d’histoire, avec Stéphane Bern, sur France 2. Échappées belles, émission de voyage sur France 5 (un nouvel épisode consacré à Lisbonne). Et sur Arte, un documentaire sur les Celtes. Des émissions très différentes, qui ont chacune leur public (pour The Voice il pèse 5 millions de personnes, tout de même). Mais ne manque-t-il pas quelque chose ? Si, du ciné !

Cinéma interdit le samedi soir

Il n’y a pas de cinéma à la télé le samedi soir, à cause de ce que les professionnels appellent « la chronologie des médias » : elle impose un délai entre la sortie d’un film au cinéma et sa diffusion télé et fixe aussi des « jours interdits ». Cette règle, que beaucoup jugent poussiéreuse, surtout à l’heure où Netflix chamboule le marché, est en passe d’être réformée. Mais cela fait bien longtemps qu’on entend dire que ça va bientôt changer. Alors en attendant, le ciné à la télé, c’est le dimanche. Et cette semaine, vous seriez bien inspiré de passer votre dimanche soir sur LCP Assemblée Nationale, pour voir un petit bijou : Little Miss Sunshine. 

Road movie à bord d'un van jaune

Hiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Oui, je suis contente que ce film repasse à la télé, mais ce cri, c’est celui d’Olive. Une petite Américaine de 7 ans, férue de concours de beauté, qui vient d’apprendre qu’elle était en finale pour une compétition d’envergure en Californie. Alors toute la famille décide prendre la route, de traverser les Etats-Unis à bord d’un van jaune canari pour l’accompagner au concours. La famille ? Oh, elle est un peu comme toutes les familles. Le fils aîné ne parle plus, il fait la grève de la parole et griffonne "Je hais tout le monde" sur son carnet. Le papa est un coach en motivation qui apprend aux gens à devenir des winners. Et il s’entend très mal avec son beau-frère, suicidaire et spécialiste de Marcel Proust, qui fait aussi partie du voyage, bien sûr. Tout comme la maman, un brin dépassée par les événements, et le grand père complètement rock-n-roll. Voilà un road movie qui se transforme en thérapie de groupe itinérante (dans une camionnette mal en point qu’il faut souvent pousser et qui ne peut pas s’arrêter, même pour récupérer la petite dernière qu’on a oublié à la station-service !)

César du meilleur film étranger en 2007

C’est une histoire qui fait un bien fou, et qui raconte aussi une belle histoire : celle d’un petit film indépendant, tourné en un mois avec un petit budget et qui a rapporté un succès aussi énorme qu’inattendu. César du meilleur film étranger. Oscar du meilleur scénario et du meilleur second rôle masculin. Succès mérité pour un film hilarant, rocambolesque, caustique, mais aussi très émouvant. Cette famille de loosers magnifique inspire une grande tendresse.  On rit et on pleure devant Little Miss Sunshine. La dernière fois que j’ai dit ça, c’était pour un film anglais et beaucoup d’auditeurs m’avaient écrit pour me gronder parce qu’ils avaient pleuré, oui, mais pas rigolé. Là, vraiment, je mange mon chapeau si vous ne rigolez pas. Satisfait ou remboursé. 

Little Miss Sunshine : à voir dimanche à 20h30 sur LCP.  

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