Les médias sont accusés, souvent à raison, de n'avoir d’yeux que pour la course à la marie de Paris. Les téléspectateurs, ce mercredi soir, ont l'occasion de prouver que cette envie de politique locale est sincère, et de soutenir le service public quand il remplit sa mission.

Les élections municipales sont dans dix jours : premier tour le 15 mars, deuxième tour le 22. Et pourtant, c'est à croire que la campagne n’a pas démarré, qu’elle n’a pas encore pris. Occultée, sans doute, par la réforme des retraites, par le 49.3, par le coronavirus. Sans doute aussi que cela arrange pas mal certains partis, à commencer par la République en marche et la France Insoumise. Quoi qu’il en soit, le sujet ne s’est pas suffisamment imposé dans l’espace médiatique. Aussi faut-il saluer le dispositif exceptionnel mis en place par France 3. Quatre soirées (la première était la semaine dernière) qui proposent, au total, près de 300 débats. Chacune des chaînes régionales (France 3 Auvergne Rhône Alpes, France 3 Centre Val de Loire, France 3 Normandie, etc) se démultiplie en plusieurs antennes locales. Cela se fait déjà tous les jours, mais sur une durée très courte : six minutes à peine pendant le journal. Ici, le décrochage local dure 1h30. 

Enjeux locaux pour scrutin local

En fonction de l’endroit où vous habitez, vous tomberez sur le débat le plus à même de vous concerner. Vous entendrez parler transport, logement, propreté, sécurité... dans votre ville ou celle à côté de chez vous. Très important : l’horaire. C’est la première fois que France 3 propose ces débats en prime time, à 21h (et pas à 18h ou en deuxième partie de soirée). Parmi les villes concernées le 4 mars, on peut citer Saint-Brieuc, Cherbourg, Tours, Chambéry, Lyon, Brive ou Bastia. 

L’exception parisienne

Mais pour Paris, ça se passe sur LCI. Un débat animé par David Pujadas. Chez France Télévision, vous l’imaginez, on est furieux que les candidats aient choisi une chaîne privée. Deux chaînes privées, même : LCI mercredi 4 au soir et BFMTV pendant l’entre-deux tours. France 3 organisera tout de même un débat parisien. Mais ce ne fut pas simple à caler : à la nouvelle date qui était proposée, Anne Hidalgo n'est pas disponible car elle avait foot (un match important pour le PSG en ligue des champions). Résultat, France 3 a proposé le 10 mars. Ce jour-là, si vous regardez dans le programme télé, rendez-vous est pris avec une capitaine de gendarmerie :

Capitaine Marleau ! C'est elle que le débat parisien va remplacer pour les téléspectateurs de France 3 Île de France la semaine prochaine. Or cette série policière portée par Corine Masiero est une poule aux œufs d’or, un succès d’audience à tous les coups ! Alors certes, l’épisode prévu n’est pas un inédit, c’est une rediffusion. Mais le symbole est de taille : il prouve les efforts que France 3 est prêt à consentir pour réunir Hidalgo, Dati, Buzyn et les autres sur un plateau télé. La chaîne attend encore une confirmation de Rachida Dati, mais le débat aura bien lieu, diffusé également sur France Info. 

En attendant, les habitants d'Ile de France qui allumeront France 3 ce mercredi soir pourront voir deux débats : Argenteuil et Levallois-Perret. Gros enjeux à Levallois, où ce scrutin décidera de l'après-Balkany. 

La liste des invités

Dans chaque ville, les candidats ne sont pas tous invités à débattre, mais tous sont évoqués, ne serait-ce que dans des reportages. Les règles pour fixer la liste des invités sont imposées par le CSA, ce qui n' empêche pas les candidats s'estimant lésés de déposer un recours. C'est ainsi qu'à Nancy la semaine dernière, les équipes de France3 Lorraine ont dû attendre 20h, une heure avant l'antenne, pour que le tribunal administratif, saisi en urgence, valide leur plateau d'invités.

L'enjeu de cette soirée télé, finalement, est celui du service public de proximité. A chaque élection municipale, les médias sont accusés - souvent à raison - de n'avoir d’yeux que pour la marie de Paris. Les téléspectateurs, ce soir, ont l'occasion de prouver que cette envie de politique locale est sincère, de soutenir le service public quand il remplit sa mission. D'autant que grâce à la magie des box, on peut choisir n'importe quel France 3 et regarder le débat de sa ville de cœur, même si on n'y habite plus. L'élection à la mairie de Paris - faut-il le rappeler - concerne 3% des Françaises et des Français inscrits sur les listes électorales.

  • Légende du visuel principal: Les candidats à la mairie du Havre sur France 3 Normandie le 26/02. Edouard Philippe, Jean-Paul Lecoq, Alexis Deck et Frédéric Groussard. © France 3 Normandie
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