Ensemble, ils font du jet ski ou du karaoké. Dennis Rodman, ancienne star du basket américain, raconte à Envoyé Spécial son amitié surréaliste avec le dictateur nord-coréen.

Kim Jong-Un sa femme Ri Sol-Ju et Dennis Rodman en 2014
Kim Jong-Un sa femme Ri Sol-Ju et Dennis Rodman en 2014 © AFP / KCNA / AFP

Il y a parfois des amitiés surprenantes. Des gens mal assortis, qui n'ont rien en commun et qui pourtant s'entendent à merveille. Mais ceux qui méritent la palme de l'amitié la plus saugrenue, voire la plus lunaire, ce sont Dennis Rodman et Kim Jong Un. L'ancienne star du basket américain, connu pour ses frasques et ses cheveux décolorés, a fait plusieurs voyages à Pyongyang et affirme être très copain avec le dirigeant nord-coréen. Rien de bien neuf, me direz-vous, les images du basketteur en train de chanter un "happy birthday" à son pote le despote, à la manière de Marilyn Monroe devant Kennedy, ont fait le tour du monde en 2014. Mais un journaliste d'Envoyé Spécial, Yvan Martinet, a obtenu une interview de l'homme qui murmure à l'oreille de Kim. Il faut bien réaliser que Dennis Rodman est le seul occidental à pouvoir approcher le dictateur dont les velléités nucléaires font trembler la planète.

La séquence dure un quart d'heure et elle est saisissante

D'abord parce qu'on y croit, à cette amitié ! Évidemment, on ne peut pas vérifier, mais quand l'ancien joueur des Chicago Bulls raconte qu'il fait du jet ski, de l'équitation et du karaoké avec Kim, cela devient tout de suite plus concret. Vous les imaginez, tous les deux, en plein karaoké ?! C'est surréaliste.

Je me demande si Kim Jong Un serait ravi d'entendre son ami expliquer que le chef d’État nord-coréen n'est qu'un môme, que ce n'est pas vraiment lui qui dirige le pays, mais son entourage. Mais là où cette histoire est vraiment passionnante, c'est quand elle devient géopolitique. Car l'enfant terrible de la NBA est aussi l'ami de Donald Trump, depuis leur participation commune à une émission de télé-réalité. Et il s'est mis en tête de rapprocher les deux chefs d’État. Il a offert un livre de Trump à Kim Jong Un (offrir un bouquin sur "l'art des affaires" à un dictateur communiste, chapeau). Et ce n'est pas son premier essai : il avait aussi essayé d'organiser un coup de téléphone entre son ami nord-coréen et Obama, quand ce dernier était à la maison blanche. Mais Obama a refusé.

Et s'il fallait prendre au sérieux ce punk de 56 ans, s'interroge le journaliste qui l'a rencontré ?

Et s'il était vraiment le trait d'union entre Trump et Kim Jong Un? Rodman a prévu de retourner en Corée du Nord très bientôt. Le contexte est pour le moins tendu. Il assure ne pas être en lien avec les services de renseignement américain.

Question évidente. Est-il payé pour tout ça ?

Là, il s'énerve presque. Non, ça ne lui rapporte rien. Bon, le journaliste d'Envoyé Spécial m'a glissé que le basketteur a d'abord demandé à être payé pour accorder cette interview. Demande refusée, de toutes façons France 2 n'a sans doute pas les moyens... C'est finalement grâce à une relation proche que l'entretien a eu lieu, sans chèque, m'assure Yvan Martinet.

Enfin, il est assez surréaliste de penser que tout ça tient au refus de Michael Jordan. Parce que c'est Jordan que Kim Jong Un, qui est fan de basket, voulait faire venir. Mais Jordan a refusé, alors on s'est tourné vers Rodman. Le meilleur copain n'était pas le premier choix.

Mon pote ce despote : interview à voir ce soir dans Envoyé Spécial, à partir de 20h55 sur France 2.

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