Ce film touchant et très drôle raconte une année passée dans un centre de rééducation par Ben, un jeune homme tétraplégique après un accident. Adaptation à l'écran du roman autobiographique du slameur Grand Corps Malade.

Savez-vous ce qu’est un aptonyme ? C’est un nom de famille qui a un sens lié à la personne qui le porte. Exemple : Marc Dufumier, grand spécialiste d’agriculture. Ou Elsa Faucillon, députée communiste. Les deux sont véridiques. Eh bien en voici un autre : François Chevet. Il existe en vrai, François Chevet. Il est kinésithérapeute. C’est lui qui a remis debout Grand Corps Malade. Celui qu’on connait aujourd’hui pour son slam et sa voix grave s’est retrouvé tétraplégique à l’âge de 20 ans, après un saut dans une piscine pas assez remplie. Et c’est avec ce kiné qu’il a bataillé, pendant des heures, des semaines, des mois, pour peu à peu reprendre le contrôle de son corps. 

Hommage aux soignants

"Patients", le premier film de Grand Corps Malade et Mehdi Idir, diffusé sur France 3 jeudi 5 septembre, raconte cette histoire : une année passée dans un centre de rééducation. Et c’est un magnifique hommage aux soignants, à ceux qui comme François sont au chevet des corps malades et les réparent. Ce n’est pas un documentaire, les personnages sont interprétés par des comédiens, mais on est prévenus au début du film : 

Toute ressemblance avec des personnes existantes n’est en aucun cas le fruit du hasard.

Des combats de boxe entre tétraplégiques

Ben, c'est saisissant, ne perd jamais son sens de l'humour. Il a la tchatche. Il fait des vannes, il se sert avec gourmandise de l’une des seules choses qui lui reste : sa parole. Avec son kiné, mais aussi avec l’aide-soignant à la jovialité insupportable, qui s’adresse à lui à la troisième personne (« Alors, comment il va ce matin, il a bien dormi ? »). Et puis avec les autres patients, qui deviennent des amis précieux. Des gars qui aiment le rap, comme lui. Ils organisent des matchs de boxes entre tétraplégiques, de la "tétraboxe", c'est franchement hilarant. L’autodérision fonctionne à plein régime. 

Changer d'espoir

Ce qui m’a touchée dans ce film, outre son humour sur un sujet périlleux, c’est que ce n’est pas une leçon de courage. Il ne s'agit pas de prétendre que si on veut, on peut. Non, parce que certains ne se remettront jamais debout. Et quand Ben comprend à quoi ressemblera sa vie après, lui qui ne vivait que pour jouer au basket, il réalise qu’il doit changer d’espoir. La formulation est frappante. Il a beau avoir un lit adapté à son handicap, une fourchette adaptée, accrochée à sa main, un téléphone adapté, il ne sait pas s’il trouvera un espoir adapté.

Le titre du film fait référence à une chose que Ben et ses copains ont vite compris : ici le temps ne s’écoule pas comme ailleurs. On s'ennuie ferme. Règle numéro un, apprendre la patience. Eh bien je peux vous assurer que ces presque deux heures passées en leur compagnie passent en un éclair. 

► « Patients », jeudi 5 septembre à 21h sur France 3. Le deuxième film de Grand Corps Malade et Mehdi Idir, "la vie scolaire" est en salles depuis la semaine dernière. 

  • Légende du visuel principal: Moussa Mansaly, Pablo Pauly, Soufiane Guerrab dans le film "Patients" de Grand Corps Malade © Mandarin Production - Kallouche Cinéma - Fimalac – Gaumont
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