Plongée dans le quotidien d'un service psychiatrique à l'hôpital. Cette nouvelle série française, à voir sur OCS, navigue habilement entre le drame et la comédie. C'est drôle, émouvant, fin et très addictif. Coup de cœur !

Les blouses blanches ont la côte à la télé, en ce moment. On a découvert Hippocrate récemment sur Canal Plus, excellente série avec Louise Bourgoin. Il y a aussiBalthazar qui démarre ce jeudi sur TF1, avec Tomer Sisley dans le rôle d’un médecin légiste. Mais mon gros coup de cœur s'appelle HP. Une série qui assume les références à LA série médicale : comme dans Urgences, c’est l’histoire d’une jeune interne pleine de bonne volonté et de certitudes, qui débarque à l’hôpital. Et ses illusions vont percuter la réalité. Elle réalise peu à peu que les choses sont plus compliquées que dans les manuels de médecine. Ah au fait, juste un détail : on est en psychiatrie

Entre rire et mélancolie

Il y a évidemment un matériau comique très efficace dans la maladie mentale. Ce patient qui se prend pour le roi, par exemple, et que tout le monde appelle « the King », est très drôle. Mais toute la force de cette série, c’est de maintenir un équilibre subtil entre le rire et la mélancolie. On rit souvent, mais on est souvent au bord des larmes, aussi. 

Un jour, « the King » va mieux, ou à peu près (en tout cas on considère qu’il est guéri parce qu’il faut libérer un lit). Mais on s’aperçoit qu’il avait l’air beaucoup plus heureux quand il était fou. « C’était un poète, on en a fait un type pragmatique », se désole l’un des médecins. « C’est quoi votre métier, c’est de raboter les gens ? » s’emporte le mari d’une patiente dans un autre épisode. Voilà qui interroge au passage sur les frontières entre la folie et la normalité. Et sur l’existence même d’une normalité... 

Entrer dans le jeu des patients

La prouesse, c’est aussi de ne jamais se moquer des patients et de leur pathologie. Cette femme d'une soixantaine d’années qui se prend pour Beyoncé m’a fait beaucoup rire. Mais c’est un rire bourré de tendresse. Notamment quand elle sème la panique dans tout le service en organisant un cours de danse sur les tables de la cafétéria... On appelle cette patiente « Madame Beyoncé » et non pas Chantal. Il faut entrer dans son jeu pour gagner sa confiance. « Entrer dans son jeu » : l’expression est déjà un peu vertigineuse. Au fil des épisodes, ce personnage donne lieu à une véritable enquête : il s’agit de comprendre le déclenchement de sa maladie. Et comme en plus tous les personnages sont attachants, cela rend la série très addictive. 

HP a reçu un prix au dernier festival de la fiction télé, à la Rochelle. Amplement mérité ! D’autant que les créatrices de la série sont tout juste diplômées, elles sortent de la Fémis. La prestigieuse école de cinéma a ouvert récemment une section série. Et les scénaristes de HP sont issues de la première promotion. Voilà qui augure le meilleur pour les séries françaises dans les années à venir. 

Série créée par Angela Soupe, Sarah Santamaria Mertens et Camille Rosset. Réalisation Emilie Noblet. Avec Tiphaine Daviot, Raphaël Quenard, Marie Sohna-Condé, Eric Naggar. 

Saison 1 : 10 épisodes de 26 minutes. Sur OCS à partir du jeudi 6 décembre 2018.

Le premier épisode est en ligne sur le site de Télérama jusqu'au 6 décembre. 

Légende du visuel principal:
Un tigre se promène dans les couloirs de l’hôpital. Mais à côté de la patiente qui se prend pour Beyoncé et de celui qui est convaincu qu’il est mort, ce serait presque banal. © Fabien Campoverde, OCS
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