Jeudi 7 mai à 21h, Arte diffuse les quatre épisodes de sa mini-série « L’agent immobilier ». Prix du meilleur scénario au Festival de la Fiction de La Rochelle 2019, elle réunit Mathieu Amalric en anti-héros et Eddy Mitchell dans le rôle du père en roue libre.

Eddy Mitchell et Mathieu Amalric dans la série "L'agent immobilier" sur Arte
Eddy Mitchell et Mathieu Amalric dans la série "L'agent immobilier" sur Arte © Charles Paulicevich

L'agent immobilier est une mini-série en quatre épisodes de 45 minutes. Ils seront diffusés demain soir à 21h, mais sont déjà en ligne sur le site d’Arte.

« Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille. » Vous connaissez l’aphorisme de Jacques Chirac. Eh bien le héros de cette série formidable en fait l’expérience : rien ne va dans sa vie. Je dois dire que c’est un bonheur de passer du temps avec lui. Peut-être a-t-on besoin, en ce moment, de rire du malheur d’un personnage de fiction? Quel sadisme. Non, ce n’est pas seulement ça : il y a chez cet homme, incarné par Mathieu Amalric, une noirceur qui prête à rire. L’humour du désespoir, quand il est bien dosé, fait des merveilles. Le quotidien de ce type prend l’eau de tous les côtés, mais c’est à croire qu’il le fait exprès !

Mathieu Amalric en anti-héros

Il s’appelle Olivier Tronier. La cinquantaine, divorcé. Sa fille, adolescente, trouve qu’il est un père désastreux (elle n’a pas tort), son ex-femme le déteste, il déçoit ses amis, il n’a pas un rond en poche, et pas d’appartement. Alors il a pris l’habitude de dormir dans les logements qu’il est censé faire visiter. 

Au début du premier épisode, notre agent immobilier apprend qu’il vient d’hériter d’un immeuble à Paris. Ouf, le voilà sorti d’affaire ! Pas du tout, car l’immeuble est complètement délabré et qu’une locataire refuse de quitter les lieux. Mais surtout parce qu’il fait le choix de le vendre à un marchand de biens véreux (n’importe qui aurait flairé la planche pourrie, mais pas Olivier Tronier). Bref, de drames en rebondissements, le voilà dans une situation encore pire qu’avant. Et cette histoire - c’est le plus savoureux - va soudain prendre un tour fantastique. Un poisson rouge se met à parler : serait-ce un génie qui exauce les voeux?

Derrière cette série, il y a des productrices françaises et un couple d’Israéliens : Etgar Keret, un écrivain traduit dans le monde entier, et Shira Geffen, une réalisatrice. Ce sont eux qui avaient signé les Méduses en 2007, caméra d’or au Festival de Cannes. Nous sommes ici entre le rêve et la réalité, entre le drame et la comédie, et la succession d’événements improbables, rocambolesques jamais ne lasse, grâce à une mise en scène très habile et grâce à la qualité des comédiens : Amalric, donc, exceptionnel dans ce rôle de antihéros. Mais aussi Eddy Mitchell, qui joue le père de l’agent immobilier et qui fait les 400 coups à la maison de retraite, franchement, ça vaut le détour !

Derrière l'humour, la tendresse

Cette histoire, finalement, est un conte. Un conte réaliste, qui se passe à Paris de nos jours, mais qui se permet des envolées poétiques, loufoques, et c’est suffisamment rare et précieux dans pour être applaudi. En allant se promener du côté du voyage dans le temps, le scénario permet d’aborder des questions très touchantes, liées à la filiation et à la mémoire. Et la tendresse n’est pas loin, planquée derrière l’humour. C’est l’histoire d’un type qui cherche sa place, en somme. Ma réplique préférée, je crois, c’est quand Olivier Tronier, s’adressant au poisson rouge, lâche : « Toute ma vie, j’ai fait ce que j’ai pu ! » Et on le croit, évidemment. 

L’agent immobilier : à voir jeudi 7 mai à 21h sur Arte, les quatre épisodes sont diffusés en une soirée, et on peut les visionner quand on le souhaite sur le site d’Arte, la série est déjà en ligne. 

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