Rick Deckard, le héros de Blade Runner, assigne en justice la société Tyrell. C'est le point de départ d'un procès fictif à voir en vidéo sur le site du Monde.

Rick Deckard (Harrison Ford) dans "Blade Runner"
Rick Deckard (Harrison Ford) dans "Blade Runner" © AFP / THE LADD COMPANY / SHAW BROTHERS / COLLECTION CHRISTOPHEL

Avis aux fondus de SF et aux juristes : cette vidéo devrait vous plaire ! Sans doute séduira-t-elle aussi ceux qui ne connaissent pas grand chose au droit mais apprécient le verbe soigné et la rhétorique des belles plaidoiries. Dans le cadre du Monde Festival, s'est tenu il y a quelques jours le procès de Blade Runner. Le film culte, inspiré d'un roman de Philip K. Dick, fait son grand retour cette semaine sur les écrans, avec une suite signée Denis Villeneuve. L'original de Ridley Scott, quant à lui, sera diffusé dimanche soir sur Arte.

Dans un Los Angeles futuriste et pluvieux, Rick Deckard est un flic chargé d’éliminer certains « réplicants », des androïdes qui ressemblent trait pour trait à des hommes, à qui la société Tyrell a implanté de vrais souvenirs humains.

Deckard est-il lui-même un réplicant ? C'est la question qui hante le spectateur. Loin de moi l’idée d’y répondre, mais imaginons qu’il en soit un. Eh bien il pourrait assigner en justice la société Tyrell pour connaitre la date de sa mort (qui est programmée) et pour savoir sur quel homme ses souvenirs ont été dupliqués. Il pourrait exiger de connaitre son donneur de mémoire, en quelque sorte ! C’est ce procès fictif que vous verrez en vidéo. Il s’est déroulé pendant le Monde festival, à Paris. On y voit de vrais avocats et de vrais magistrats, en robe, jouant la comédie avec brio. Et notamment Maître Laure Heinich dans le rôle de la procureure, qui cite Barbara au détour de ses réquisitions.

L'intelligence du répliquant, si suprême soit-elle, a été créée par l'homme et pour l'homme. Mais elle ne fait pas de lui un être humain ! Deckard veut connaitre le temps qui lui reste à vivre, il ne connait pas la date de sa mort, mais en cela nous sommes égaux ! Les hommes ne le savent pas non plus. Lui, au moins, sait pourquoi et par qui il a été créé ! Vous voulez vraiment souffrir la condition humaine, Deckard? Les hommes ont le mal de vivre, c'est pas forcément la misère, c'est pas Valmy, c'est pas Verdun, mais c'est des larmes aux paupières au jour qui meurt, au jour qui vient.

Question juridique épineuse : le droit de connaître ses origines, très complexe pour les humains, doit-il s’appliquer aux androïdes ? Peut-on prendre le risque qu’il n’y ait plus de donneurs pour créer des androïdes? Voilà un procès qui fait réfléchir à la définition de l’humanité. R2D2, lui au moins, ne se prenait pas pour un homme ! Tandis que Rick Deckard se prend pour René Descartes, « je pense donc je suis ». René qui était un humain, jusqu’à preuve du contraire.

Blade Runner, de Ridley Scott, version restaurée du film de 1982 : à voir sur Arte dimanche à 20h55. Et la vidéo de ce faux procès est sur le site du Monde.

Et puisque vous l'avez sans doute à présent dans la tête, voici "le mal de vivre" par Barbara !

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