Le scénario n'est pas toujours très fin et les bons sentiments un peu appuyés, mais cette nouvelle série Netflix, portée par Omar Sy, est tout de même délicieuse. Cet Arsène Lupin des temps modernes berne son monde avec gourmandise et nous, devant notre écran, sommes ses complices.

Omar Sy est Assane Diop. Ne l'appelez pas Arsène, mais il a lu tous les livres de Maurice Leblanc.
Omar Sy est Assane Diop. Ne l'appelez pas Arsène, mais il a lu tous les livres de Maurice Leblanc. © Netflix

"Lupin", avec Omar Sy, sera en ligne sur Netflix le jeudi 8 janvier. Ceux et celles qui, comme moi, ont lu et adoré les romans de Maurice Leblanc sont sans doute en train de se dire : sera forcément moins bien que l’original ! D’ailleurs les aventures d’Arsène Lupin ont déjà été adaptées : en série dans les années 1970, en film plus récemment avec Romain Duris. Mais les mordus n’en démordent pas : rien n’arrive à la cheville des romans. 

Eh bien je vous rassure tout de suite : cette fois, il ne s’agit pas de comparer, puisque ce n’est pas une adaptation. Omar Sy ne porte ni chapeau haut de forme ni monocle, d’ailleurs il n’incarne pas Arsène Lupin. Il s’appelle Assane Diop. On le découvre, dans le premier épisode, sur son lieu de travail : il est agent d’entretien au musée du Louvre. Il passe le balai devant la Joconde. L’histoire se déroule de nos jours. On comprend assez vite qu’il a une idée pas nette derrière la tête. Il s’intéresse à un collier qui a appartenu à Marie-Antoinette et qui vaut des millions. Le voilà qui va chercher du renfort…  

Assane n’est pas Arsène, donc, mais il a lu toutes les aventures du gentleman cambrioleur quand il était petit. Et il va s’inspirer des méthodes de son héros pour réparer une vieille injustice… Cette série crée par le Britannique Georges Kay est portée par un joli casting : Omar Sy, mais aussi Nicole Garcia, Ludivine Sagnier et Clotilde Hesme.

Faire de l'invisibilité une arme

Cette série est pleine de défauts, elle a pourtant un charme fou. Le scénario est parfois lourdaud. L’intrigue et le rythme s’essoufflent franchement sur les épisodes 4 et 5. Les enchainements entre le présent et les scènes de flash-back sont maladroits et téléphonés. Ça dégouline souvent de bons sentiments. Mais la bonne idée, c’est le lien entre le talent d’Arsène Lupin pour changer d’identité et le racisme dont est victime Assane. En tant qu’homme noir, Assane est invisible. Il fait de cette invisibilité une arme puissante.  

Et puis surtout, le charme de cette série, ce sont les trucs ! Mais comment il fait ? Comment Assane fait-il pour entrer et sortir de prison quand ça lui chante, parce qu’il veut parler à un détenu ? Comment fait-il pour repartir les mains dans les poches en sifflotant, par la grande porte, après un cambriolage ? Comment fait-il pour se volatiliser? Eh bien il fait comme son idole, comme Arsène Lupin : il a des trucs. Bien sûr, je n’en dévoilerai aucun, ça gâcherait tout, mais ce qui est savoureux, c’est qu’on finit toujours pas comprendre, après coup : en quelques images, le tour de passe-passe est dévoilé. Car Assane, comme Arsène, et un magicien qui révèle ses trucs. Pas à ses victimes, pas à ses amis. Mais à nous, si. Cet illusionniste berne son monde avec gourmandise et nous, devant notre écran, avons la chance d’être ses complices. 

Tout cela est très joyeux, enfantin. « Ne faites jamais confiance à Arsène Lupin. D’ailleurs son nom n’est peut-être pas Lupin. En réalité, ses noms sont innombrables. » Quelque chose me dit que les ventes de roman de Maurice Leblanc vont grimper en librairie... 

« Lupin. Dans l’ombre d’Arsène ». Les cinq épisodes de la première saison seront disponibles le 8 janvier, sur Netflix, pour les abonnés. 

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