Emile Dutilleul travaille pour une assurance, sa vie est réglée comme du papier à musique. Et le voilà qui se met à traverser les murs ! Au même moment, il tombe amoureux... Denis Podalydès est irrésistible dans cette adaptation très libre de la nouvelle de Marcel Aymé, à voir sur Arte.

Je suis quelqu’un d’honnête. Je dois donc préciser d'emblée que j’ai déjà consacré une chronique à ce film il y a deux ans, ici même. Mais peut-être – j’ose à peine le croire – que tous les auditeurs et auditrices de France Inter ne suivent pas toujours mes conseils. Alors cette nouvelle diffusion sur Arte est pour eux l’occasion de se rattraper ! "Le passe-muraille", avec Denis Podalydès, est à voir sur Arte vendredi 9 avril à 20h55 (d'ores et déjà disponible gratuitement sur le site d'Arte). C'est une nouvelle adaptation de la nouvelle de Marcel Aymé, après celle incarnée par Bourvil. Une adaptation très libre et pas mal éloignée du texte d’origine. Un film réalisé par Dante Desarthe. Denis Podalydès est irrésistible dans le rôle de cet homme à la vie bien rangée qui découvre un jour qu’il a le pouvoir de traverser les murs. 

Ne se sentir enfermé nulle part

Vous admettrez que depuis la dernière diffusion de ce téléfilm, quelque chose a changé. Traverser les murs est devenu un pouvoir beaucoup plus attrayant. Limités dans nos mouvements, trois fois confinés, nous rêvons tous de ne jamais nous sentir enfermés nulle part !

En attendant, ce passe-muraille un super-héros très discret. Emile Dutilleul travaille comme comptable dans une compagnie d’assurance. Expert en sinistre. L’histoire se passe à Paris, de nos jours. Le personnage incarné par Podalydès est célibataire, divorcé. Il prenait depuis des années un médicament pour éviter les émotions fortes, mais un jour, ce médicament n’est plus fabriqué. Et voilà que Dutilleul se met à traverser les murs. 

Un passe-muraille un brin pirate

Il se sert de son pouvoir pour voler de l’argent dans les banques, beaucoup d’argent, en ayant pris soin de mettre des lunettes et un bonnet de bain. Il nargue les caméras de vidéosurveillance avec sa dégaine de cambrioleur tout droit sorti de la piscine municipale. La police s’arrache les cheveux et tout le monde, dans la rue, dans les journaux, ne parle plus que de lui. Il utilise aussi son pouvoir pour rendre chèvre son patron, un sinistre crétin tyrannique, en faisant tomber 200 fois son manteau du porte manteau : il suffit juste de passer la main dans le bureau du chef depuis la pièce d’à côté et hop, ni vu ni connu. 

Cette version contemporaine du personnage de Marcel Aymé a des atours libertaires : le passe-muraille est un pirate insolent. Il va piquer des bouteilles de grands crus de la cave de l’Élysée et des toiles de maitre dans les musées, juste pour les accrocher dans son salon. 

Surtout, il tombe sous le charme d’Ariane, une nouvelle venue dans son entreprise, incarnée par Marie Dompnier. Ariane aussi, semble intéressée. Mais le premier réflexe d’Emile, c’est de fuir, prétendument à cause de son pouvoir. Certes, il n’est jamais très commode de traverser le corps de celle qu’on aime. Sauf que cette peur-là n’a rien de fantastique, elle est universelle. Se lancer dans une relation amoureuse, c’est prendre le risque de souffrir. Voilà un homme dont la vie était réglée comme du papier à musique et qui doit accepter de se laisser envahir par le désordre. 

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Poésie, douceur et humour

Il plane sur ce film un grain de folie qui fait un bien fou, une poésie douce et beaucoup d’humour. C’est la revanche d’un homme ordinaire dont personne n’avait remarqué le panache et l’impertinence. C’est aussi une fable sociale, qui se moque joyeusement du monde de l’entreprise. Bref, vous regardez ce film, sinon je serai obligée d’y consacrer une troisième chronique. 

« Le passe-muraille » :  avec Denis Podalydès sur Arte vendredi  9 avril à 20h55. Ou quand on le souhaite sur le site arte.tv : le film est en ligne jusqu’au mois de juillet.

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  • Légende du visuel principal: Que fera Emile Dutilleul, salarié d'une compagnie d'assurance, de son super-pouvoir? Denis Podalydès, de la Comédie Française. © Les Films du Poisson
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