TF1 a la bonne idée de diffuser, ce mardi 8 décembre, le premier volet de la trilogie de Robert Zemeckis. Un film précieux, au moment où notre notion du temps est détraquée par les confinements. D'autant plus que la recherche scientifique, en matière de voyage dans le temps, a récemment évolué. Et si c'était possible?

"Vous avez désintégré Einstein !" Christopher Lloyd et Michael J. Fox, alias Doc et Marty.
"Vous avez désintégré Einstein !" Christopher Lloyd et Michael J. Fox, alias Doc et Marty. © AFP / Universal Pictures / Collection ChristopheL via AFP

C'est un monument. Un repère rassurant. Mais aussi un film qu’on oublie trop souvent de présenter comme une intrigue œdipienne. « Retour vers le futur », de Robert Zemeckis, est diffusé sur TF1 mardi 8 décembre à 21h. Je sais, on l’a vu 200 fois depuis sa sortie en 1985, mais je vous invite à replonger une 201ème.  

Variation œdipienne

D’abord pour cette histoire de « ticket avec maman ». Ce n’est pas rien, tout de même. Le jeune Marty Mc Fly est transporté dans le passé et prend sans le vouloir la place de son père dans le cœur de sa mère. Elle ne voit plus l’homme qu’elle aurait dû épouser. Marty risque donc de ne plus exister. Ce n’est pas son père qu’il tue en séduisant sa mère, c’est lui-même ! Habile variation autour du complexe d’Œdipe. Ce film est une comédie freudienne, ni plus ni moins. 

Si la psychanalyse n’est pas votre tasse de thé, j’ai un autre argument. Revoyez "Retour vers le futur" pour réfléchir au temps. Reconnaissez que la crise sanitaire nous a pas mal chamboulés, en la matière. On a l’impression que l’année 2020 a duré un siècle. Le confinement et le télétravail ont malmené les frontières entre travail et vie privée. Impossible, également, de se projeter dans le futur : on ne prévoit rien, on n’organise rien à l’avance. Nos horloges sont détraquées. C’est le moment où jamais de céder au vertige du « paradoxe du grand-père », que les amateurs de science fiction connaissent bien. Si je voyage dans le passé et que je tue mon grand-père, je n’existe plus… et donc je ne peux pas faire ce voyage dans le passé. 

Et si c'était possible? Merci les maths.

Figurez-vous que deux mathématiciens australiens ont annoncé le mois dernier avoir cassé la figure à ce paradoxe, ou presque ! Leur article est paru dans la revue « Classical and Quantum Gravity ». Ils ont créé un modèle mathématique permettant d’imaginer une connexion entre différentes boucles temporelles. Autrement dit, une possibilité que le voyage dans le temps soit possible sans que cela détruise le présent. Je ne vais surtout pas m’aventurer à entrer plus dans le détail, il est trop tôt et je ne suis pas mathématicienne, mais je vous ai mis un lien, à la page de cette chronique, vers l’article en question. Voici ce qu'on y lit :

Essayez autant que vous pouvez de créer un paradoxe, les événements s’ajusteront toujours d’eux-mêmes pour éviter toute incohérence.

Ne nous emballons pas, néanmoins : le voyage dans le temps n’est pas pour tout de suite. Les chercheurs australiens assument la dimension purement abstraite de leurs travaux. Leur démonstration est une gymnastique mathématique, un jeu de l’esprit, qui n’aboutit à aucune application concrète. Mais un jeu qui rendrait évitables les paradoxes du voyage dans le temps. Nom de Zeus, c’est le pied.

Il doit bien y avoir une poignée de gens qui n’ont jamais vu ce film, ni aucun de la trilogie. Des récalcitrants. J’espère les avoir convaincus. Même si, comme le disait Einstein, « il est plus facile de désintégrer un atome que des préjugés ». Et là, je vous parle du vrai Einstein, Albert. Pas du chien qui voyage en Delorean.

« Retour vers le futur », le 08/12/2020 sur TF1 à 21h.

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