Les acteurs de la série culte des années 90 reviennent, mais dans leurs propres rôles : réunis trente ans plus tard pour jouer... la suite de Beverly Hills ! Ce dispositif d'autofiction permet de s'en donner à cœur joie dans l'autodérision et la nostalgie.

Tibilibim tibilibam tch tch. Quoi, vous ne reconnaissez pas? Question de génération. La musique du générique de "Beverly Hills" convoque pour beaucoup de monde de précieux souvenirs d'adolescence. Aussi l'information est-elle de taille : Beverly Hills est de retour ce dimanche 10 novembre sur TMC ! Attention, ce ne sont pas les vieux épisodes du feuilleton culte des années 90 qui sont diffusés. Non, c’est du tout neuf, tourné trente ans plus tard ! Pour être sincère, je n’aurais pas parié un clou sur ce retour. Je comptais vous en parler pour me moquer gentiment... Eh bien pas du tout. J’ai regardé les trois premiers épisodes et cette fausse suite est franchement réussie.

Autofiction et autodérision

Les héros ne sont pas Kelly, Brenda, Brandon et les autres... mais les acteurs de la série, qui portent donc leurs vrais noms : Jennie Garth, Shannen Doherty, Jason Priestley, etc. Tous se retrouvent pour tourner la suite de Beverly Hills, parce qu’ils ont besoin d’argent, ou parce que la notoriété leur manque. Tous sauf Luke Perry, alias Dylan : le comédien est mort en mars dernier.

Les fans de l’époque vont reconnaître certaines voix - celle de Brandon et Kelly, notamment - mais pas toutes. Eh oui, c’est un crève-cœur, certaines voix de doublage en VF, comme Steve et Donna, ont changé ! Mais peu importe : l’intérêt de ce dispositif « meta », de cette mise en abyme, c’est de permettre l’autodérision. Personne ne manque de rappeler à Tori Spelling qu’elle était là parce que son père était le producteur. Les immenses ego de chaque acteur, leur besoin de rester dans la lumière, sont largement moqués. La série flirte habilement avec la réalité pour entretenir la confusion, comme si tout était vrai – Tori Spelling, encore elle, a cinq enfants dans la série, comme dans la vie. 

Le monde a changé !

C’est drôle mais aussi touchant, l’air de rien. Il est question de ce que cache cette envie irrépressible d’être dans la lumière, ce besoin d’être aimé. Et de ce qu’il y a de tragique, pour un acteur ou une actrice, d’être résumé toute sa vie à un seul rôle.

Cette mise en abîme façon autofiction permet aussi quelques réflexions sur notre époque. Andréa, la journaliste un peu intello : n’était-elle pas lesbienne, en réalité ? Il était compliqué de s’engager dans cette voie dans les années 90, affirme Gabrielle, la comédienne qui jouait Andréa. Mais aujourd’hui, elle s’interroge sur son identité sexuelle après avoir embrassé une femme, dans un bar. Quant à Ian Ziering, interprète de Steve, qui était l’hétéro-beauf de service, il se désole qu’on ne puisse plus faire des compliments aux femmes sur leur physique à tout bout de champ. Le monde a changé, mon pauvre Steve !

Un parfum de soap

Cela dit, la série est loin d’être un chef d’œuvre. Le jeu des acteurs, comme à l’époque, est assez pauvre. Et surtout, le scénario frise le grotesque : un mystérieux corbeau envoie des lettres de menaces, un personnage découvre qu’il n’est pas le père du bébé qu’attend sa femme... Bref, tout cela sent très fort le mauvais soap ! Mais peu importe. Le parfum de la nostalgie et celui de l’autodérision l’emportent largement.

« BH 90210 » : les trois premiers épisodes dimanche 10/11 sur TMC, à 21h. 

  • Légende du visuel principal: Kelly, Steve, Dona, Brandon, Brenda, David et Andrea sont de retour. Mais appelez-les Jennie, Ian, Tori, Jason, Shannen, Brian et Gabrielle. © Brian Bowen Smith / Fox Media
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