Max, incarné par Félix Moati, vient de perdre sa mère. Depuis il la voit partout. La fantaisie des apparitions de cette mère envahissante, magnifiquement campée par Noémie Lvovsky, font de ce téléfilm une comédie rafraîchissante, tout en légèreté. "Si tu vois ma mère" sera diffusé ce vendredi 10 avril sur Arte.

Noémie Lvovsky, Félix Moati dans "Si tu vois ma mère" sur Arte
Noémie Lvovsky, Félix Moati dans "Si tu vois ma mère" sur Arte © Ivan Mathie

Voilà un savoureux téléfilm, qui repose sur trois ingrédients : de l’émotion, de l’humour et de la psychanalyse. « Si tu vois ma mère » est diffusé sur Arte le vendredi 10 avril à 20h55, mais il est déjà sur le site d’Arte. 

C’est l’histoire d’un jeune homme qui entretenait une relation fusionnelle avec sa mère. Cette dernière décède, hélas, d’un accident cardiaque et il se met à la voir partout. Nous aussi, la voyons à l'écran. La première force de cette fiction, c'est son excellent casting. Félix Moati dans le rôle de Max, le fils endeuillé, Noémie Lvovsky dans celui de la mère : tous les deux formidables. Et puis, pour les accrocs au « Bureau des Légendes », on retrouve deux des acteurs de la série d’espionnage : Sara Giraudeau et Gilles Cohen (alias Marina et Moule à Gaufre dans « Le bureau »). Ici, Gilles Cohen joue l’oncle et Sara Giraudeau est désarmante de charme dans le rôle de l’amoureuse de Max. 

Un fantôme en kimono

C’est donc une comédie sur le deuil. Le terrain est glissant. D’autant que Nathanaël Guedj, le réalisateur, s’empare au passage du cliché de la mère juive trop envahissante. Mais il ne sombre jamais dans la facilité ou la lourdeur. Le scénario prend même, vers la fin, un chemin fantastique qu’on n’aurait pas pu voir venir. J’ai un bémol sur les dix premières minutes du film qui sont décevantes, l’histoire a du mal à s’installer, mais la suite mérite de ne pas zapper, vraiment.

Il y a beaucoup de douceur, dans cette histoire. Cette réflexion sur le deuil, évidemment, prend un relief particulier en ce moment, mais elle n’est pas plombante, parce que le rire n’est jamais loin. La compagne de Max est psychanalyste. Cela donne lieu à pas mal de fantaisie, car elle prend au sérieux les hallucinations de son compagnon. 

Un joli grain de folie aussi grâce à Noémie Lvovsky. La mère de Max, juste avant de mourir, devait partir s’installer au Japon. Résultat, elle porte un kimono en permanence ! Et je dois dire que Noémie Lvovsky déguisée en geïsha, qui surgit telle un diable de sa boîte pour un oui pour un non, c’est très savoureux. Notamment quand Max est en consultation. Oui, parce que Max est ophtalmologiste. Bref, c’est l’histoire d’un ophtalmo aveuglé par un amour qui prend trop de place... 

Une ode à l'amour maternel

Après avoir vu ce film, vous pourriez avoir envie de lire ou relire un livre, un grand livre, dont voici un extrait.

Avec ma mère, je n’avais qu'à être ce que j'étais, avec mes angoisses, mes pauvres faiblesses, mes misères du corps et de l'âme.  Elle ne m'aimait pas moins. Amour de ma mère, à nul autre pareil.

Le livre de ma mère, d’Albert Cohen. La question en toile de fond de cette histoire touchante et loufoque, c’est bien sûr de savoir ce qu’est une bonne mère. Je vous rassure, aucune réponse n’est apportée dans le film. 

"Si tu vois ma mère"  : à voir sur la chaîne d'Arte ce vendredi 10 avril à 20h55 et du 3 avril au 9 mai sur le site d'Arte

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