Pour ruiner la réputation de ses opposants, le pouvoir russe diffuse à la télévision des images compromettantes. Un Français, victime d'un kompromat monté de toutes pièces, témoigne ce soir dans Envoyé Spécial.

Capture d'écran du reportage d'Envoyé Spécial sur le Krompomat
Capture d'écran du reportage d'Envoyé Spécial sur le Krompomat © France 2

L'enquête est passionnante et digne d'un roman d'espionnage. Envoyé Spécial propose ce soir sur France 2 une plongée dans le monde terrifiant du kompromat. En russe, c'est un dossier compromettant : une vidéo ou une photo, le plus souvent à caractère sexuel, que le pouvoir utilise pour faire chanter des opposants. Tristan Walecks, grâce à de nombreux témoignages, montre comment Poutine a remis au goût du jour cette lointaine pratique des services secrets russes. 

Le point de départ, c'est la rumeur qui fait trembler la maison blanche depuis plusieurs mois 

Poutine détiendrait une vidéo très compromettante de Trump avec des prostituées russes. Sur ce dossier, on n'en saura pas plus, désolée ! Mais on découvre, dans ce reportage, à quel point le kompromat est utilisé de façon massive et décomplexée par le régime de Poutine. Les opposant(e)s sont mené(e)s à la braguette. 

La particularité du kompromat sous Poutine, c'est la diffusion des images à la télé. Un ancien dirigeant du KGB explique tranquillement, dans le reportage, que pendant la guerre froide, oui bien sûr, on piégeait des gens, on les filmait dans des situations compromettantes et on s'en servait pour obtenir des informations. Mais nous, on ne diffusait rien à la télévision, on avait de la déontologie ! Ce monsieur est tout à fait sérieux, c'est surréaliste. 

Parmi les nombreuses victimes du kompromat russe, il y a un Français

Et le récit de cette machination est la partie la plus incroyable du reportage. Yoann Barbereau, 39 ans, était le patron de l'Alliance Française d'Irkoutsk, en Sibérie. Son ordinateur a été piraté et des documents personnels, notamment une photo sur laquelle il est torse nu à côté de sa fille de 5 ans, ont été diffusés sur Internet. La justice russe s'en est servie pour accuser ce Français d'être un pédophile. Le simulacre d'enquête qui a suivi l'a accablé.

Yoann Barbereau a été placé sous bracelet électronique en attendant son procès et là, il s'est enfuit en recouvrant son bracelet électronique de papier aluminium et en laissant son téléphone portable dans un bus pour orienter les enquêteurs sur une mauvaise piste. 

Il a été condamné par contumace à quinze ans de colonie pénitentiaire. Un roman d'espionnage, vous disais-je. Mais ce n'est pas fini. Car Yoann Barbereau, qui était en cavale depuis plus d'un an, sous mandat d'arrêt international, vient de revenir en France. Il est arrivé hier et sera ce soir sur le plateau d'Envoyé Spécial pour tout raconter. 

Évidemment, on ne peut pas s'empêcher de se demander ce que lui reprochait le pouvoir russe - ce monsieur serait-il un espion ? 

Sans surprise, il répond que non. Son histoire est en tout cas un exemple terrifiant du pouvoir de nuisance d'un kompromat fabriqué de toutes pièces. 

Sexe, chantage et vidéo : ce soir sur France 2 à 20h50 (Envoyé Spécial)

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