Cette série à voir gratuitement sur France TV Slash vous plonge dans un sport qui gagne à être connu : le roller derby. Lola (Chloé Jouannet) veut devenir la plus grande joueuse du monde, mais son égo gigantesque va se heurter à une bande de féministes punks. Une série singulière, maligne et drôle.

Lola (Chloé Jouannet) et l'équipe des "Cannibales Licornes" (avec notamment Sophie-Marie Larrouy)
Lola (Chloé Jouannet) et l'équipe des "Cannibales Licornes" (avec notamment Sophie-Marie Larrouy) © Emmanuel Guimier FTV

J'aime les sports qui gagnent à être connus, les sports insolites (et je vous prie de croire qu’il n’y a aucun mépris dans cet adjectif, bien au contraire). Je me régale, en particulier, à regarder des disciplines dont les règles m’échappent complètement. Voilà notamment pourquoi j’aime le roller derby : un sport qui se pratique sur des patins à roulette, comme son nom l’indique. Une série française propose une immersion dans cet univers majoritairement féminin : "Derby Girl" est disponible gratuitement sur France TV Slash, le site de France Télévision à destination de la jeunesse. Mais je recommande "Derby Girl" même aux moins jeunes et aux pas jeunes du tout ! 

Les règles du jeu sont compliquées, mais qu'importe. Le roller derby repose sur l’agilité, la vitesse et la stratégie. C’est un sport de contact, où l’on collectionne les bleus. Mais c’est avant tout un sport militant et féministe. Il a été tiré de l’oubli dans les années 2000 par le mouvement LGBT. Et c’est peu de dire que Lola Bouvier dénote avec tout ça.

Moitié peste, moitié princesse

Lola Bouvier est l’héroïne de cette série, incarnée par Chloé Jouannet. Une ancienne championne de patinage artistique, moitié peste - moitié princesse, qui se met en tête de devenir une grande joueuse de derby. La meilleure de tous les temps. Son ego surdimensionné va se heurter à une bande de nanas franchement punk. Mention spéciale à Sophie-Marie Larrouy, hilarante dans le rôle de "Mother Blocker" (oui parce qu’au roller derby tout le monde porte un nom de code, un surnom, un "derby name" et cette joueuse évolue au poste de bloqueuse). 

Un sport violent pour le patriarcat

Ce qui est très savoureux, surtout, avec cette série, c’est qu’elle est audacieuse. Les dialogues, la musique, la mise en scène : tout est outrancier, théâtral, volontiers surjoué. Le naturel n’est pas l’ambition et cela installe, dans chaque épisode, une atmosphère décalée et très drôle. Comme ça fait du bien, une série aussi singulière ! A cela s’ajoute un humour trash et transgressif. Et cerise sur le gâteau, Nelson Monfort est là, en voix off !

Le roller derby est-il un sport dangereux ? Ce qui va être dangereux, pour Lola, c'est surtout de côtoyer ces femmes qui interrogent avec humour les stéréotypes de genre, qui font un doigt d’honneur au patriarcat et à la prétendue norme hétérosexuelle. Et puis le rire, l’air de rien, est le meilleur moyen d’interroger les valeurs du sport. Jusqu’où pousser le sens de la compétition ? Et que signifie avoir l’esprit d’équipe ? Bon, vous l’avez compris, dès qu’on est déconfinés, je me mets au roller derby. Il me reste à trouver mon surnom de joueuse. Et si je laissait Daniel Morin plancher sur le sujet ?

« Derby Girl » : 10 épisodes de 20 minutes, disponibles gratuitement sur France TV Slash. 

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