A deux semaines de Noël, le film de Richard Curtis est diffusé sur W9. Il était passé sur M6 l'année dernière à la même époque. C'est un impondérable, comme la bûche et le sapin ! Il nous offre l'occasion de nous interroger sur la puissance des rituels.

J'ai enfilé mon plus affreux pull de Noël pour vous annoncer la nouvelle : il y a Love Actually ce soir à la télé !  Il ne faut pas rater ça, évidemment. Un film chorale sucré à souhait qui raconte tout plein d'histoires d'amour à Londres, à Noël. Quand on pense à Love Actually, on a tout de suite en tête l'image de Hugh Grant dans la peau du Premier Ministre britannique, qui se déhanche dans son bureau - essayez d'imaginer Theresa May faire la même chose... Mais on aurait tort d'oublier Bill Nighy : c'est lui qui joue une star de rock complètement has been, un ancien junkie désabusé, irrésistible dans ses pantalons en cuir moulant. Sa carrière va être relancée par une chanson : "Christmas Is All Around". Au passage, le réalisateur Richard Curtis se fait un clin d'œil à lui-même puisque la chanson originale de Wet Wet Wet, "Love Is All Around", figurait dans la bande originale d'un autre de ses films, aussi avec Hugh Grant : Quatre mariages et un enterrement.

Une chronique copiée-collée? 

A ce stade, je dois vous révéler que j'ai fait exactement la même chronique l'année dernière, puisque Love Actually est passé à la télé à la même époque, un peu avant Noël. C'était sur M6, chaîne du même groupe que W9. Et j'avais mis le même pull moche.

Vous trouvez cela scandaleux ? Vous avez tort ! Ça s'appelle la tradition. Avez-vous remarqué que c'est tous les ans la même chose? Les gens achètent des sapins : il ne viendrait à l'idée de personne de prendre un ficus, pour changer ! Le calendrier de l'avent, les cadeaux, le verre de vin chaud au marché de Noël : tout ça, c'est pareil tous les ans, exactement comme regarder Love Actually à la télé. Pourquoi prenons-nous plaisir à voir les choses se répéter ? Pourquoi avons-nous tellement besoin de rituels ? Sans doute parce que c'est rassurant. Parce que c'est une façon de lutter contre une réalité face à laquelle on est impuissants et qui pourrait nous rendre fous : le temps qui passe. Toute la force du rituel est là : il nous permet d'attester que l'existence n'est pas faite que de changements, mais aussi de permanences

Stéréotypes

Évidemment, parfois c'est tout de même désolant. Votre cousin pénible qui fait des blagues pénibles à chaque réveillon, vous aimeriez qu'il change un peu. Et non. De la même manière, on aimerait que le scénario de Love Actually évite un peu les stéréotypes. Il pourrait y avoir une histoire homosexuelle au milieu de tout cet amour. Il pourrait y avoir une femme qui trompe son mari plutôt que l'inverse (magnifique Emma Thomson dans le rôle de l'épouse). Mais non. Allez, consolez-vous : je n'ai pas fait la même chronique que l'an dernier, promis. Le plaisir de pleurer devant cette comédie romantique, en revanche, est toujours le même.

"Love Actually" (film sorti en 2003) : sur W9 lundi 10/12 à 21h.

  • Légende du visuel principal: Andrew Lincoln dans le rôle du témoin de mariage épris de la mariée. "Love Actually" est sorti en 2003 au cinéma. © Studio Canal
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