« Vers la lumière », le nouveau film de Naomi Kawase sort au cinéma aujourd’hui. Rencontre avec cette cinéaste japonaise grâce un documentaire éblouissant, disponible gratuitement sur Tënk.

C'est un peu comme un bonus dans un DVD. Le documentaire de 52 minutes que je vous propose aujourd'hui est à voir avant ou après le dernier film de Naomi Kawase, qui sort aujourd'hui au cinéma : Vers la lumière. C'est un portrait de cette fascinante cinéaste japonaise, disponible sur Tënk : une plateforme accessible seulement aux abonnés, mais grâce à un partenariat France Inter, le film de Laetitia Miklès est gratuit pour nos auditeurs pendant une semaine !

Cliquez ici pour voir Rien ne s'efface gratuitement jusqu'au 17 janvier.

Rien ne s'efface vous apprend à ouvrir les yeux, rien de moins. Laetitia Miklès a rencontré trois fois Naomi Kawase. À chaque fois, elle lui a offert un cadeau qui permet à la cinéaste japonaise de se confier, notamment une caméra Super 8 : Naomi Kawase, visiblement émue, manipule cette caméra et se met à parler de sa grand-mère, qu’elle aimait filmer de très près. Cette grand-mère que l’on voit rire aux éclats a des rides magnifiques. « Tu es trop près, dit-elle à sa petite fille, tu vas me faire tomber ! » Grâce à la caméra, la jeune Naomie Kawase pouvait aller au-delà de ce qui peut sembler déplacé ou impudique, surtout au Japon, s’approcher au maximum et saisir la beauté éblouissante d’un visage. 

La caméra m’a fait découvrir un monde joyeux, des couleurs et des formes qui passaient inaperçues. Le monde m'a soudain semblé aussi coloré et animé qu'un coffre à jouets renversé. 

Elle évoque aussi la recherche de son père, qu’elle n’a pas connu quand elle était enfant et avec qui elle a pris contact à l’âge de 23 ans. C’est la caméra - encore elle - qui lui a donné le courage d’appeler cet inconnu. La séquence est bouleversante : on entend la conversation au téléphone et on voit ce qu’elle voit à ce moment-là : les arbres par la fenêtre, sa tasse de thé, ses lunettes qu’elle enlève (sans doute pour essuyer ses larmes). On ne la voit pas mais on est avec elle dans ce moment d’émotion indescriptible.

Confirmer la réalité grâce au cinéma

Dans un immense sourire, la cinéaste explique aussi qu’on ne peut pas se fier à la mémoire, sinon tout serait en miettes. Une photo ou un film permettent d’avoir la confirmation de la réalité :

C’est en filmant que j’ai pu vérifier que j’existais. 

Sans doute verrez-vous autrement le monde autour de vous après avoir écouté Naomi Kawase raconter sa relation presque mystique avec la caméra. Tous ses films, que ce soient des fictions ou des documentaires, parlent d’absence, de perte, de disparition. Et celui qui sort aujourd’hui au cinéma n’échappe pas à la règle : c’est une rencontre entre une femme dont le métier est de décrire les films pour les aveugles (en audiodescription) et un photographe qui est en train de devenir aveugle. L'histoire d'une femme qui poursuit la lumière et d'un homme qui la perd peu à peu. 

Rien ne s’efface : documentaire de Laetitia Mikles à voir gratuitement sur Tënk, en partenariat avec France Inter.

Vers la lumière, le nouveau film de Naomi Kawase (en compétition l'année dernière au Festival de Cannes) sort au cinéma aujourd’hui. 

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Image du documentaire "Rien ne s'efface" sur la réalisatrice Naomi Kawase © Lætitia Miklès
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